Economie

David Cameron pris dans un scandale de lobbying

Capture d’écran prise durant la comparution de David Cameron, le 13 mai, devant une commission d’enquête parlementaire sur « l’affaire Greensill ».

Une vague de textos, de mails et d’appels téléphoniques. Entre le 5 mars et le 26 juin 2020, David Cameron a mené un lobbying intensif auprès de ses anciens collègues du gouvernement et de la haute administration britannique. Au total, l’ancien premier ministre britannique a contacté à cinquante-six reprises les plus hauts représentants de l’Etat, du chancelier de l’Echiquier au numéro deux de la banque d’Angleterre, en passant par des ministres et des hauts fonctionnaires. Objectif : faire évoluer les règles des prêts d’urgence accordées par l’Etat pendant la pandémie, afin d’en faire bénéficier Greensill Capital, l’entreprise pour laquelle il travaillait. Et pour laquelle il gagnait un salaire « bien plus élevé », de son propre aveu, que ce qu’il touchait comme premier ministre, soit environ 180 000 euros par an.

Lire aussi David Cameron sur la sellette après la faillite de Greensill Capital

Très discret depuis son départ de Downing Street en juin 2016 au lendemain de la victoire du Brexit, M. Cameron était convoqué jeudi 13 mai devant un comité parlementaire pour s’expliquer sur cette affaire. Pendant deux heures, par visioconférence, sa motivation financière, son manque de discernement et son utilisation de l’avion privée de l’entreprise ont été attaqués.

« Greensill vous a utilisé, a exploité votre réputation et a traîné la réputation du bureau du premier ministre dans la boue », Rushanara Ali, députée travailliste

« Votre réputation est en morceaux, attaque Rushanara Ali, une députée travailliste. Greensill vous a utilisé, a exploité votre réputation et a traîné la réputation du bureau du premier ministre dans la boue. Et vous avez accepté de jouer le jeu. C’est extrêmement décevant. » Les députés ont pris plaisir à s’étonner de la signature d’un message envoyé à Tom Scholar, le secrétaire permanent du Trésor britannique : « Love, DC » (« je t’embrasse, DC »). Quelle est donc la relation entre les deux hommes, s’interroge une députée ? « Je signe toujours mes messages comme ça », réplique M. Cameron.

L’affaire n’aurait jamais été ébruitée si Greensill n’avait pas connu une faillite retentissante en mars. Créée par Lex Greensill, un Australien installé au Royaume-Uni depuis deux décennies, la firme était une institution financière spécialisée dans l’affacturage (il s’agit d’avancer à une entreprise l’argent que ses clients lui doivent, pour lui faciliter sa trésorerie). Mais l’homme assurait avoir réinventé la recette, faisant mieux grâce aux nouvelles technologies. La vérité, aujourd’hui connue, est que Greensill a multiplié les prêts aventureux à des clients peu solvables, jusqu’à l’effondrement du château de cartes.

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