Economie

Après une longue bataille, Veolia et Suez signent un traité de paix

Quoi de mieux qu’un pont de mai pour sceller la paix entre les deux géants français de l’eau ? Les conseils d’administration de Veolia et de Suez ont entériné, vendredi 14 mai, l’accord de rapprochement mettant fin à une terrible lutte fratricide au sein du capitalisme français.

Les deux groupes avaient conclu un armistice le 11 avril à l’hôtel Bristol, se promettant de signer un traité de paix définitif avant le 14 mai. L’objectif est tenu. En parallèle, les deux groupes ont bouclé, vendredi, un protocole d’accord avec les fonds d’infrastructures français Meridiam et américain GIP, associés à la Caisse des dépôts (CDC) et à la CNP, pour la reprise d’un « nouveau Suez », qui restera indépendant.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment Veolia et Suez sont parvenus à « l’accord du Bristol » en vue de leur rapprochement

Cet ensemble d’actifs, rassemblant les activités en France dans l’eau et les déchets, ainsi que des entités en Italie, en République tchèque, en Afrique ou encore en Chine, réalise un chiffre d’affaires annuel de 7 milliards d’euros, soit environ 40 % des 17 milliards de ventes du groupe Suez en 2020. « Cela nous place parmi les cinq principaux acteurs mondiaux », souligne Philippe Varin, le président de Suez. « Il y a un nombre colossal d’opportunités dans le monde et pas d’accord de non-concurrence avec Veolia qui pourrait entraver notre croissance. »

Garanties sociales

Si les grandes lignes avaient été esquissées en avril, un mois n’a pas été de trop pour définir les exacts contours de ce périmètre. Quid, par exemple, des contrats gérés dans certains pays basculant chez Veolia, comme l’Espagne ou le Chili, par SES, l’activité numérique et environnementale conservée, elle, par Suez ? « Le découpage a été fait usine par usine, station d’épuration par station d’épuration », relève un proche des discussions. Gérard Mestrallet, l’ancien président de Suez, dont l’intervention avait été décisive pour obtenir l’armistice du Bristol, a poursuivi sa médiation afin de faciliter ces arbitrages.

Lire l’édito : Veolia-Suez : un compromis de bon sens

Le consortium d’investisseurs a remis une offre indicative sur le nouveau Suez supérieure à 10 milliards d’euros en valeur d’entreprise (dette comprise), selon plusieurs sources. Meridiam et GIP s’apprêtent à prendre chacun 40 % de cet ensemble, la CDC et à la CNP s’adjugeant 20 % en commun. « L’actionnariat salarié démarrera à 3 % et pourra monter à 10 % d’ici sept ans », précise M. Varin.

Le groupe dirigé par Antoine Frérot n’a pas été associé aux travaux sur la gouvernance de son concurrent

Il vous reste 50.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page