Economie

L’accord conclu par Veolia et Suez

L’accord conclu par les deux groupes fixe un prix d’achat de Suez par Veolia de 20,50 euros par action, soit un montant total de 12,8 milliards d’euros.

C’est la fin de plusieurs mois de conflit entre Veolia et Suez, les deux spécialistes français de la gestion de l’eau et des déchets. Les deux groupes ont annoncé avoir signé, vendredi 14 mai, « un accord définitif de rapprochement ». Il permettra au premier d’acquérir une large part du second « tout en garantissant un périmètre industriel et social cohérent » pour les activités restantes de Suez.

Veolia y confirme ses engagements sociaux (maintien de l’emploi et des statuts sociaux des salariés), mais aussi que le prix d’acquisition de Suez sera relevé à 20,50 euros par action (dividende inclus), valorisant sa cible à quelque 13 milliards d’euros.

« Aucune réjouissance de notre côté bien au contraire, seulement le constat d’un énorme gâchis industriel et d’une incertitude sociale plus que jamais prégnante pour les salariés de Suez », ont néanmoins réagi vendredi soir dans un communiqué les syndicats CFDT, CFTC et CGT de Suez.

Le conseil d’administration de ce dernier a jusqu’au 29 juin pour émettre un « avis motivé » recommandant l’OPA de son rival de toujours.

Un accord de principe signé

Un accord de principe a, par ailleurs, été signé entre les deux groupes et un consortium d’investisseurs constitué des fonds Meridiam et GIP, ainsi que de la Caisse des dépôts (avec sa filiale CNP Assurance), qui rachèteront ce « nouveau Suez », mentionne le communiqué.

Il met fin à une lutte inédite entre les deux groupes français qui avait débuté le 30 août 2020, lorsque Veolia avait fait part de son souhait de racheter à Engie les 29,9 % du capital de Suez qu’il détenait puis de lancer une offre publique d’achat (OPA) sur le capital restant au prix de 18 euros par action.

L’annonce avait provoqué une levée de boucliers dans les rangs de Suez. Une bataille s’était alors engagée sur le terrain judiciaire et réglementaire avec, pour point d’orgue, la création, en septembre 2020 par Suez, d’une fondation de droit néerlandais où étaient logés certains actifs afin de les mettre à l’abri d’une offre de Veolia.

Veolia espère lancer son OPA d’ici à la fin du troisième trimestre

Le traité de paix validé vendredi par les conseils d’administration des deux groupes prévoit la désactivation de cette fondation, la résiliation des accords conclus par Suez pour la cession de certaines de ses activités en Australie au groupe Cleanaway Waste Management, la suspension de toutes les procédures en cours et l’engagement de ne pas entamer de nouveaux contentieux.

Veolia, qui a déjà obtenu le feu vert de cinq autorités de la concurrence dont celle des Etats-Unis, espère lancer son OPA d’ici à la fin du troisième trimestre. A l’issue de l’opération, il affichera un chiffre d’affaires de l’ordre de 37 milliards d’euros, contre 26 milliards en 2020. Le groupe renforcera sa présence sur plusieurs marchés dont les Etats-Unis et l’Espagne.

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Veolia s’engage ensuite à céder des actifs qui permettront la création d’un « nouveau Suez », concentré sur les activités françaises de traitement de l’eau et des déchets. Cette nouvelle entité conservera des opérations à l’étranger à travers certains actifs internationaux dont des activités en Inde, en Italie ou en Chine.

Le nouveau Suez affichera un chiffre d’affaires de l’ordre de 7 milliards d’euros, moins de la moitié du Suez actuel, dont les ventes représentaient 17,2 milliards d’euros en 2020. Il devrait être repris par le fonds d’investissement français Meridiam et américain GIP à hauteur de 40 % chacun, et la Caisse des dépôts pour les 20 % restants. L’accord prévoit à terme une montée au capital des salariés jusqu’à 10 %.

Ce traité de paix fixe plusieurs conditions aux futurs actionnaires du nouveau Suez, tels un engagement minimal de dix ans et des garanties d’emploi pour les employés de Suez pendant une période de quatre ans.

Cet accord, qui a mis fin au conflit entre les deux groupes, a été conclu grâce à une médiation de Gérard Mestrallet, ancien dirigeant de Suez et d’Engie. Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a salué « le sens des responsabilités » dont ont fait preuve l’ensemble des parties.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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