Santé

Trois pommes par jour pour éloigner le médecin pour toujours ?

Un nouvel essai clinique randomisé et contrôlé a étudié l’effet de la consommation de trois pommes par jour sur les marqueurs de l’inflammation chez 46 sujets obèses ou en surpoids.

Les chercheurs en nutrition sont-ils des fétichistes de la pomme ? En effet, il est assez courant d’observer des essais d’intervention visant à faire consommer des pommes aux patients dans la littérature scientifique. Cette nouvelle étude exploratoire, et non conclusive compte tenu de son petit échantillon, est publiée dans The American Journal of Nutrition. 

Trois pommes par jour : que dit l’étude ?

Ce n’est plus deux, mais trois cette fois-ci. Pendant six semaines, des chercheurs ont fait consommer trois pommes par jour à des personnes souffrant d’obésité ou de surpoids. Le rationnel pré-clinique est le suivant : les pommes sont des fruits riches en composés bioactifs luttant contre l’inflammation tels que les polyphénols et les fibres. Même remarque que dans notre précédent article (voir ci-dessous), tous les fruits et légumes sont plus ou moins riches en fibres et en polyphénols.

Dans cette étude, les participants ont été amenés à réduire drastiquement leurs apports en fibres et en polyphénols deux semaines avant l’expérience. Ensuite, pendant six semaines, un groupe a consommé trois pommes par jour tandis que l’autre devait éviter la consommation de pommes. Cela pose un sérieux problème de comparaison entre les deux groupes. Les résultats montrent une diminution significative des biomarqueurs de l’inflammation (niveaux de protéine C réactive, d’interleukine-6, de protéine de liaison aux lipopolysaccharides). Pour autant, cette consommation n’a eu aucun effet sur des paramètres anthropométriques, dont on connaît l’importance clinique en matière de risque cardiovasculaire.

Une étude déconnectée de la réalité de la prise alimentaire

La prise alimentaire ne se fait pas sur six semaines. Pourquoi donc s’entêter à étudier l’effet des pommes ? Pour avoir des résultats qui permettent de donner lieu à de véritables recommandations de prévention, il faudrait conduire ce type d’étude avec une variété plus importante de fruits. Cela permettrait d’insérer de la variété dans le régime alimentaire afin d’éviter la monotonie mais également de proposer des alternatives aux personnes qui n’aiment pas les pommes.

Si vous souffrez d’obésité ou de surpoids, la meilleure chose à faire reste encore de prendre rendez-vous avec une structure de santé spécialisée. Elle pourra mettre à votre disposition des professionnels de santé compétents pour vous aider. En matière d’alimentation, au lieu de manger trois pommes par jour, consultez un diététicien-nutritionniste.

Deux pommes par jour pour éloigner le médecin pour toujours ?

Par Julien Hernandez le 17/12/2019

Des chercheurs ont testé l’effet thérapeutique de la consommation de deux pommes par jour sur les paramètres cardiométaboliques chez des adultes avec un taux de cholestérol jugé trop élevé. 

Une pomme par jour éloigne le médecin pour toujours énonce le célèbre dicton. Des scientifiques ont testé, plus ou moins, cette hypothèse sur des adultes avec un taux de transporteurs du cholestérol modérément élevé et ont mesuré leurs paramètres cardiométaboliques. Leur article est publié dans la revue The American Journal Of Clinical Nutrition. 

Deux pommes par jour : que dit l’étude ?

Les chercheurs partent de plusieurs postulats dans la conduite de leur expérience. Tout d’abord, il est connu que la pomme est un fruit riche en composés bio actifs tels que les polyphénols et en fibres (comme tous les fruits et légumes). Des évidences antérieures suggéraient notamment un effet de cet aliment sur le taux de lipides sanguins des patients. Selon les expérimentateurs, il manquait la puissance d’essais contrôlés et randomisés pour confirmer cette hypothèse. C’est donc tout naturellement qu’ils ont entrepris de réaliser eux-mêmes un essai clinique randomisé, contrôlé et croisé. Un groupe recevait deux pommes par jour et un autre groupe une boisson isocalorique (nous reviendrons sur cela dans une seconde partie pour montrer pourquoi c’est un problème) pendant huit semaines et puis on inversait les groupes (avec quatre semaines de battement entre l’inversion). Lorsque les sujets consommaient les deux pommes, leurs paramètres sanguins tels que la totalité des transporteurs du cholestérol ainsi que les lipoprotéines de faible densité (LDL ou mauvais cholestérol) étaient plus bas. La fonction endothéliale des microvaisseaux était aussi meilleure. En revanche, aucun effet sur la pression artérielle et les autres marqueurs classiques des maladies cardiovasculaires.

Les biais de l’étude

L’étude est isolée. Elle ne peut donc pas prétendre nous apprendre réellement quelque chose. Sa puissance statistique est limitée. De même, l’échantillon est assez réduit, ce qui est regrettable. De plus, l’expérience comporte un biais majeur : faute de disposer de pomme « placebo » (un peu compliqué à se procurer, n’est-ce-pas ?) les auteurs ont donc contrôlé l’expérience, comme précisé ci-dessus avec une boisson sucrée isocalorique. Cette méthodologie ne peut revendiquer être une bonne méthodologie en nutrition étant donné que l’aliment est considéré ici dans son aspect le plus réductionniste, c’est-à-dire, comme une vulgaire somme de nutriments. Enfin, tout ce que peut prétendre nous apprendre cette expérience, c’est qu’il vaut mieux manger une pomme entière que du jus de pomme lorsqu’on est atteint d’hypercholestérolémie modérée. Autant dire, pas grand-chose. Un régime méditerranéen reste l’alimentation la plus utile et la plus protectrice contre les maladies cardiovasculaires.

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