Economie

« Le système productif chinois est déjà en mutation »

Tribune. La crise sanitaire de 2020 a soudainement mis en lumière la dépendance de nombreux pays à l’économie chinoise, notamment dans des secteurs stratégiques comme l’industrie pharmaceutique et chimique. Ce sont aussi les tensions économiques et diplomatiques avec la Chine qui poussent certains pays occidentaux – les Etats-Unis depuis 2018, l’Australie, le Royaume-Uni, le Canada et l’Union européenne (UE) plus récemment – à envisager un découplage progressif vis-à-vis de l’économie chinoise dans les secteurs stratégiques.

Ainsi, des déplacements de chaînes de production hors de Chine pourraient venir s’ajouter à la guerre commerciale sino-américaine sur les tarifs douaniers et les restrictions d’échanges. Comment la Chine pourrait-elle s’adapter à ces éventuelles transformations ?

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Environ 30 % des exportations chinoises sont réalisées par des entreprises étrangères et 10 % par des joint-ventures associant entreprises étrangères et chinoises : l’économie chinoise dépend donc considérablement des entreprises étrangères installées sur son territoire. De potentiels déplacements de chaînes de production hors de Chine impacteraient son activité économique ainsi que l’innovation technologique, aujourd’hui stimulée par les transferts opérés par les entreprises étrangères.

Bangladesh, Ethiopie et Vietnam

Cependant, une nouvelle étape du développement de l’économie chinoise s’est amorcée depuis plusieurs années, et son système productif est déjà en mutation. La hausse des salaires en Chine pousse des entreprises, chinoises ou étrangères, à aller produire dans d’autres pays (Bangladesh, Ethiopie et Vietnam, par exemple), principalement dans les secteurs intensifs en main-d’œuvre, tandis que la production de biens plus sophistiqués et les services se développent sur le territoire chinois.

La montée en gamme de l’industrie chinoise est considérable. Les groupes chinois ont ainsi gagné 95 % du marché chinois des véhicules électriques, 85 % des smartphones, 50 % de la robotique (en 2018) et progressent à l’étranger

La part de la valeur ajoutée étrangère dans les exportations chinoises diminue nettement depuis le milieu des années 2000, notamment dans l’électronique et les technologies de l’information et des communications.

Toujours dépendante de technologies étrangères, la Chine poursuit toutefois sa montée en gamme afin de gagner une certaine autonomie dans les hautes technologies. Le 14e plan quinquennal adopté en mars 2021 marque une rupture avec les précédents plans en désignant comme priorité la réduction de la dépendance extérieure de la Chine envers les technologies étrangères et certaines ressources importées.

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