Economie

Saint-Ouen, un territoire en pleine mutation qui s’apprête à accueillir le CHU Grand Paris Nord

Vue du CHU depuis la rue.

Lorsque le 1er mars, Martin Hirsch, le directeur des Hôpitaux de Paris, prie les élus de Saint-Ouen et de Seine-Saint-Denis, de faire « une déclaration d’amour à ce futur hôpital » plutôt « qu’une déclaration de doute », il sait qu’il a le soutien du nouveau maire socialiste de la ville, Karim Bouamrane, qui anime ce conseil municipal extraordinaire consacré au futur CHU Grand Paris Nord.

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Les débats sont nombreux autour de ce projet de campus hospitalier, issu de la fusion des hôpitaux Bichat et Beaujon, qui doit s’installer au nord du périphérique, d’ici à 2028. Mais Karim Bouamrane a décidé de croire aux promesses d’« engagement de service public » de l’AP-HP et de se saisir de ce projet pour accélérer la transition d’un territoire longtemps relégué à des fonctions peu gratifiantes.

Il faut dire que cette commune de banlieue, 53 000 habitants − 65 000 dans dix ans − n’a pas été gâtée par l’histoire. On a entassé ici tout ce dont on ne voulait pas ailleurs : un cimetière, la fourrière, les casses d’automobiles, un centre de tri des déchets, l’usine de chauffage urbain, et des usines, dont PSA, qui doit vendre, d’ici la fin de l’année, sa parcelle à l’Assistance publique.

Un rôle d’animation

Depuis quelque temps, la donne change. La région a quitté le très chic 7arrondissement pour installer son siège sur la ZAC des Docks ; à deux pas, on bâtit une partie du village olympique de Paris 2024. A l’est, 5 500 fonctionnaires de la DGSI sont attendus sur l’ancien site du Parisien, où l’Etat doit créer sa cité du renseignement intérieur. Et, s’ajoute donc, ce futur CHU, avec ses médecins, ses soignants, ses 12 500 étudiants, et tous les espoirs qu’on fait porter sur eux.

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Développer une économie autour de la santé, favoriser l’installation de professionnels sur un bassin qui en est fortement dépourvu et offrir, grâce aux métiers de l’hôpital, des perspectives aux jeunes de la ville est l’obsession numéro un des élus. Mais si l’université réussit son intégration, elle peut aussi jouer un vrai rôle d’animation. « Les étudiants, ça apporte de la vie en pleine journée, de la sécurité, il y a des initiatives culturelles, et ils consomment », détaille Jean-Claude Gaillot, spécialiste de l’aménagement durable, et qui pilote, pour la préfecture de région, le comité opérationnel de suivi du CHU.

Il reste, en revanche, des interrogations sur l’impact réel qu’aura l’hôpital sur les transports en commun. Sur le papier, le campus est très bien desservi (lignes 13 et 14 du métro, RER C), et c’était d’ailleurs un des prérequis pour ne pas reproduire l’erreur de l’hôpital européen Georges-Pompidou. Mais cela suffira-t-il à ne pas saturer de nouveau la ligne 13, la plus proche du site ? Dans son avis rendu le 21 avril, l’autorité environnementale insiste, par ailleurs, pour que le projet anticipe encore davantage le boom du vélo.

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