Economie

le risque d’une « bombe à retardement » selon le Sénat

Alors que le gouvernement et les parlementaires travaillent désormais à réussir la sortie de la crise sanitaire, l’heure est venue de se pencher sur les dizaines de milliards d’euros de crédits accordés sans compter aux entreprises pour prévenir des faillites en cascade. Un rapport d’information du Sénat, intitulé « Comment réussir la sortie des prêts garantis par l’Etat ? », examiné mercredi 12 mai par la commission des finances, dresse un bilan positif de ce financement d’urgence massif coproduit par l’Etat et par les banques, mais s’inquiète du risque de « bombe à retardement ».

Premier constat : les entreprises se sont ruées vers leur banque lors du premier confinement. Presque 40 % d’entre elles ont contracté un prêt garanti par l’Etat (PGE) entre mars et décembre 2020 – et même 50 % des acteurs les plus durement touchés par la crise, dans l’hôtellerie-restauration ou l’industrie de matériels de transport. Les montants ont ainsi atteint 5 % du PIB l’an dernier, moins qu’en Espagne ou en Italie (respectivement 9 % et 8 % du PIB), mais bien plus qu’en Allemagne (1 % du PIB). A la fin avril 2021, près de 138 milliards d’euros de PGE avaient ainsi été octroyés à plus de 670 000 entreprises.

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Si ce ballon d’oxygène a été salvateur, il est venu soutenir certains secteurs affichant déjà « un niveau d’endettement très élevé, pour l’hébergement et restauration, et une trésorerie particulièrement faible pour le secteur du commerce, inférieure à un mois de chiffre d’affaires pour la moitié des entreprises et à huit jours pour un quart d’entre elles », souligne, dans son rapport, le sénateur Jean-François Husson (Les Républicains).

« Effets en cascade »

Le rapporteur général de la commission des finances du Sénat constate que certains de nos voisins ont cherché à épargner davantage leur tissu économique. Alors que plusieurs Etats, dont l’Allemagne, se sont montrés plus généreux en aides directes, les entreprises françaises ont conservé à leur charge une part conséquente du coût de la crise « estimée à 22 % », contre 7 % pour la moyenne de l’Union européenne et 0 % en Allemagne.

Dès lors, le risque de surendettement des entreprises peut-il remettre en cause la capacité de rebond de l’économie française ? La menace reste éloignée tant que perdurent les mesures de soutien à l’économie. « La “congélation” de l’économie française est particulièrement forte », signale le rapport du Sénat, puisque la baisse des défaillances d’entreprises atteint 39 % en France (entre 2019 et 2020), contre une moyenne de − 21 % au sein de l’Union européenne. Il en résulte une proportion de défaillances « cachées » supérieure en France, « avec 22 500 défaillances qui ne se seraient pas produites en 2020 ».

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