Economie

« Télérama » condamné pour le licenciement abusif d’un journaliste accusé de harcèlement sexuel

Le magazine Télérama a été condamné en avril pour avoir licencié « sans cause réelle et sérieuse » le journaliste Emmanuel Tellier, renvoyé en 2019 à la suite d’accusations de harcèlement sexuel, qu’il a toujours contestées, a appris, mercredi 5 mai, l’Agence France-Presse, confirmant une information du Canard enchaîné.

« Bien que la bonne foi des salariées victimes ne peut être mise en doute, la véracité et la réalité des propos reconstitués des années plus tard ne reposent sur rien d’objectif et de certain », a estimé le conseil de prud’hommes de Paris dans son jugement.

Emmanuel Tellier avait été licencié en mai 2019 pour faute simple, en même temps que son collègue Aurélien Ferenczi, renvoyé lui pour faute lourde, au terme d’une enquête menée par la direction des ressources humaines du groupe Le Monde, maison mère de l’hebdomadaire.

Lire aussi « Télérama » licencie deux journalistes accusés de harcèlement sexuel et d’agissements sexistes

Elle faisait suite à des signalements visant les deux journalistes, pour des faits pouvant être assimilés à des agissements sexistes et du harcèlement sexuel, recueillis par une cellule d’écoute mise en place après l’affaire Weinstein. Les deux hommes avaient contesté vigoureusement les faits qui leur étaient reprochés et saisi tous deux les prud’hommes.

« Indicible sentiment d’injustice »

L’avocate de M. Tellier, Lucile Brandi Sommerer, s’est félicitée dans un communiqué de ce jugement qui « vient rappeler opportunément que nul ne peut être déclaré coupable sans preuve et que cela s’applique également aux employeurs dans l’exercice de leur pouvoir de sanction ». Emmanuel Tellier a, lui, souligné sur Twitter que cette décision n’effaçait pas « le chagrin et l’indicible sentiment d’injustice » qu’il ressentait.

De son côté, la direction de Télérama a rappelé dans un communiqué qu’elle avait « pris la décision de licencier Emmanuel Tellier en mai 2019 pour des faits de harcèlement sexuel », à l’issue d’une « enquête rigoureuse et contradictoire », car « l’obligation de sécurité de l’employeur vis-à-vis des salariés nécessite que ce type de comportement soit sanctionné et les victimes absolument protégées ».

« Le conseil de prud’hommes, s’il a estimé que les faits rapportés par les salariés étaient sérieux, a néanmoins considéré que l’enquête réalisée et les témoignages des salariés ne constituaient pas “un commencement indirect de preuve” » et a donc jugé le licenciement abusif, mais « cette motivation étant juridiquement très discutable, la direction de Télérama a décidé de faire appel », ajoute la direction de l’hebdomadaire.

Par ailleurs, les prud’hommes ont rejeté plusieurs griefs soulevés par M. Tellier, qui demandait notamment la « nullité » du licenciement, et ne lui ont accordé qu’une partie des indemnités réclamées.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Ligue du LOL : pourquoi la parole se libère dix ans après

Le Monde avec AFP




Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page