Economie

Le gouvernement repousse discrètement la réforme d’EDF

Un bâtiment portant le logo d’EDF, à Paris, le 2 mars 2021.

Dans la série « Il faut sauver le soldat EDF », la saison « Hercule » s’achève sans tambour ni trompette. Ce grand projet de réforme, porté depuis près de deux ans par la direction du groupe, est désormais en passe d’être discrètement enterré par le gouvernement, qui fait face à un calendrier intenable et à une forte pression syndicale.

Un nouvel échange, lundi 10 mai, entre le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a illustré les divergences d’approche entre la France et Bruxelles. Non seulement les négociations sont loin d’être terminées, mais Paris a durci sa position pour préserver les intérêts d’EDF, explique-t-on désormais au sein du gouvernement.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi EDF : le gouvernement détaille son plan « Hercule » pour la première fois

A l’origine, la direction du groupe et l’exécutif ont construit un projet appelé « Hercule » qui consiste à organiser le groupe en trois entités. Un « EDF Bleu », 100 % public, regrouperait les activités nucléaires, tandis qu’un « EDF Vert », dont le capital serait ouvert au privé, rassemblerait la vente d’électricité, les énergies renouvelables et le distributeur Enedis (ex-ERDF). Une troisième structure, « EDF Azur », avec un statut public particulier, comprendrait les barrages hydroélectriques – qui sont l’objet d’un contentieux de plus de dix ans avec la Commission européenne. Les syndicats et l’opposition sont mobilisés depuis plusieurs mois contre ce qu’ils qualifient de « démantèlement » du groupe public et affirment que ce projet ouvre la porte à une « privatisation » d’une partie des activités de l’électricien.

Projet aux contours flous

La raison de ce grand chambardement ? La situation économique difficile d’EDF, une entreprise lestée d’une dette de 42 milliards d’euros et qui doit faire des investissements considérables pour prolonger ses réacteurs nucléaires et investir dans les énergies renouvelables. Surtout, EDF estime être lésé par le dispositif, qui l’oblige à vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents à un prix fixe.

C’est la volonté de mettre fin à ce mécanisme complexe d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) qui a poussé la France à ouvrir une négociation avec Bruxelles : en échange d’un dispositif plus rémunérateur pour EDF, le groupe serait réorganisé d’une manière plus conforme à la vision européenne de la concurrence. Mais ces négociations patinent depuis plusieurs mois, même si le gouvernement s’est montré, à plusieurs reprises, optimiste sur le sujet.

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