Economie

« Échaudée par la catastrophe de 2020, la Société générale enfile ses charentaises »

Le siège de la Société générale, dans le quartier des affaires de la Défense, près de Paris, en mai 2015.

Pertes et profits. Pourquoi courir le monde quand on est si bien chez soi ? La question paraît incongrue en ces temps de confinement à répétition, mais il est une entreprise qui se la pose à intervalles réguliers : la Société générale. Comme une vieille noceuse qui s’engage à la sobriété après chaque écart, la banque fait une nouvelle fois acte de contrition. En présentant, lundi 10 mai, la nouvelle stratégie de son activité de banque de financement et d’investissement, la Générale promet d’être sage. Les tradeurs téméraires peuvent remballer leurs paris audacieux et leurs produits incompréhensibles.

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Désormais, la banque entend « maintenir une gestion stricte des risques et réduire la sensibilité des résultats aux chocs de marché ». Il faut dire que l’effondrement de ses activités de trading au premier trimestre 2020, puis l’annonce d’une perte de plus d’un milliard d’euros au deuxième avaient de quoi doucher son enthousiasme naturel. En clair, l’établissement français, échaudé par cette catastrophe, enfile ses charentaises. Il prodiguera des conseils avisés et gérera les opérations de ses clients avec un discernement de père de famille.

Profil bas

Adieu donc les rêves d’un Goldman Sachs à la française qui avaient enflammé la banque durant les années 1990-2000. Un talent pour les opérations les plus sophistiquées et rentables, qui est venu se fracasser sur l’affaire Kerviel, en janvier 2008, au moment où se développait une crise financière et économique majeure. L’appel du large est une seconde nature à la Générale. Créée sous le Second Empire, elle n’a eu de cesse de partir loin pour gagner gros. En 1870, peu de temps après sa fondation, elle s’était engluée dans une affaire de spéculation géante sur le guano péruvien, un engrais très prisé à l’époque. Ses aventures internationales ne faisaient que commencer.

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Le nouveau profil bas de la banque plaît en tout cas à la Bourse, qui, après avoir massacré le titre en 2020, l’a fait grimper de 50 % depuis le début de 2021. Et comme s’il voulait souligner cette nouvelle posture casanière, Frédéric Oudéa, l’inamovible patron du groupe, a cajolé ses employés en leur proposant de rester chez eux au moins trois jours par semaine. Un accord a été signé en ce sens avec les syndicats. Mais seront-ils mieux dans leurs pantoufles pour conseiller les clients, une fois la crise sanitaire passée ? Le débat fait rage. Jamie Dimon, le patron de JPMorgan, la première banque américaine, pense au contraire que ses employés doivent revenir sans tarder au bureau. Il affirme même avoir perdu des clients avec le télétravail. Charentaises prudentes ou souliers audacieux : l’éternel dilemme du financier.


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