Economie

Thierry Déau, l’autre gagnant de la bataille de l’eau

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Publié aujourd’hui à 10h27

Le PDG du fonds d’investissement Meridiam, Thierry Déau, dans son bureau, à Paris, le 30 avril 2021.

Il est le grand vainqueur de la bataille de l’eau et des déchets qui est en passe de s’achever. Après sept mois d’hostilités, Antoine Frérot, le PDG de Veolia, a obtenu la reddition de son rival Suez. Selon les termes d’un armistice qui doit être confirmé avant le 14 mai, Veolia détiendra, à l’issue de son OPA, environ 60 % de son concurrent.

Une victoire qui a fait un autre gagnant : le reste des activités – l’ex-Lyonnaise des eaux, notamment – sera la propriété d’un consortium de financiers, au premier rang desquels figure Meridiam, la société de gestion créée en 2005 par le Français Thierry Déau. Une consécration pour cet ingénieur de 51 ans, né en Martinique, que personne n’avait vu venir.

Influent à l’international

Meridiam, qui gère 10 milliards d’euros pour le compte d’investisseurs institutionnels, n’est ni le plus important ni le plus connu parmi les fonds qui financent des infrastructures. C’est pourtant lui qu’Antoine Frérot a adoubé. En juillet 2020, ce dernier lui a proposé dans le plus grand secret de reprendre Suez Eau France, une entité que Veolia savait ne pas pouvoir garder pour des raisons de concurrence si le géant de l’environnement parvenait à mettre la main sur son rival.

Lire l’édito : Veolia-Suez : un compromis de bon sens

Thierry Déau et son état-major ont hésité. Participer à un raid hostile, une décision pas évidente à prendre pour ce passionné de développement, drôle, affable, même s’il peut parfois, selon son entourage, se montrer brutal. Son terrain de prédilection, ce sont les autoroutes, les hôpitaux ou les aéroports qu’il finance des Etats-Unis à la Turquie en passant par l’Afrique, où Meridiam est très présent. Pas les batailles boursières. Mais l’occasion est apparue irrésistible pour le Français, qui avait échoué en 2018 à reprendre la Saur, le numéro trois de l’eau en France.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment Veolia et Suez sont parvenus à « l’accord du Bristol » en vue de leur rapprochement

Ses ennemis – bizarrement plus nombreux qu’avant – accusent le natif de Sainte-Marie d’avoir voulu prendre du galon au sein de l’establishment français. C’est oublier que, si le grand public ne le connaît pas, l’homme d’affaires a déjà ses entrées un peu partout : du Siècle à l’Elysée. Il a commencé par faire son nid en passant par l’international. « Thierry a été un des premiers à s’engager sur les infrastructures durables. Il est consulté par la Commission européenne, le Forum économique mondial ou la Banque mondiale », assure Bertrand Badré, ancien directeur financier de la Banque mondiale aujourd’hui à la tête d’un fonds d’investissement.

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