Santé

Des chercheurs enregistrent l’activité cérébrale en Bluetooth : une première !


Des chercheurs sont désormais en mesure d’enregistrer l’activité cérébrale en Bluetooth. L’objectif est d’utiliser ces informations pour réaliser une stimulation cérébrale profonde (SCP). Une thérapie qui a fait ses preuves dans le traitement symptomatique de pathologies du mouvement, comme la maladie de Parkinson.

L’enregistrement de l’activité cérébrale profonde ou superficielle, grâce à un électroencéphalogramme ou une IRM (Imagerie par résonance magnétique) par exemple, permet de comprendre les causes sous-jacentes de nombreux troubles cérébraux. Mais ces technologies sont limitées à l’enregistrement de périodes relativement courtes, et sont seulement utilisées dans des milieux cliniques contrôlés. Dans ces conditions, les applications dans la vie quotidienne sont impossibles. Alors, pour pallier ses limites, une étude publiée dans la revue Nature Biotechnology a développé un appareil Bluetooth pour enregistrer les ondes cérébrales, plus précisément, un implant connecté en Bluetooth à un ordinateur

Une première selon le Professeur Philip Starr, spécialiste en chirurgie neurologique à l’Université de Californie de San Francisco. « C’est le premier appareil qui permet un enregistrement sans fil continu et direct de l’ensemble du signal cérébral pendant de nombreuses heures, cela signifie que nous sommes capables d’effectuer des enregistrements cérébraux entiers sur une longue période, pendant que les gens vaquent à leur vie quotidienne », a déclaré le docteur Starr. En effet, étudier le comportement cérébral dans un environnement naturel tel que la maison est l’enjeu majeur de ce dispositif.

Un traitement personnalisé 

Un autre avantage de l’enregistrement sur une longue période de temps c’est qu’il est possible d’identifier les changements distincts de l’activité cérébrale, appelés biomarqueurs, de manière individuelle chez les patients atteints d’un trouble du mouvement. Ro’ee Gilron, chercheur postdoctoral dans le laboratoire du Professeur Starr et premier auteur de cette étude, a expliqué que cela permet notamment d’ajuster le niveau de traitement de SCP (stimulation cérébrale profonde). 

« Nous sommes désormais en mesure de créer une bibliothèque de biomarqueurs pour chaque patient, nous pouvons donc programmer chaque unité SCP en fonction des besoins individuels du patient et cela comprend des programmes de stimulation personnalisés qui s’adaptent à mesure que les besoins du patient changent tout au long de la journée », a avancé le docteur Gilron. 

Les implications éthiques 

Avec ce type de technologie, il est possible de surveiller à distance des patients qui ne peuvent pas se déplacer ou encore qui ne vivent pas à proximité d’un hôpital. Ils peuvent ainsi recevoir directement des mises à jour de leur appareil lors de leurs visites en télésanté. Cependant, malgré ces avantages, les implications éthiques doivent être fortement considérées. En effet, enregistrer toute la journée l’activité cérébrale d’un patient pose des problèmes de confidentialité et de sécurité.  

Certains sujets de l’étude l’ont d’ailleurs relevé. Une préoccupation que trouve le docteur Starr absolument légitime. Les patients ont été rassurés « ils doivent se sentir libres de retirer leurs appareils portables et d’arrêter l’enregistrement en cours », a insisté Philip Starr. Mais, malgré tout, les données collectées dans leur serveur sont-elles assez protégées ? Étant donné qu’elles sont transmises par le cloud, la question se pose.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page