Economie

Au Népal, l’Himalaya en manque de touristes

A Katmandou (Népal), le 27 avril 2021.

Après une année sans expédition, le mois de mai devait marquer le retour des alpinistes côté népalais pour l’ascension du sommet de l’Everest, juste avant la mousson.

Cette année, quelque 408 permis ont été attribués, soit plus que le record de 2019. Pour l’obtenir, il suffisait aux candidats de se soumettre à un protocole sanitaire assoupli (test PCR avant et après l’arrivée au Népal). Du moins jusqu’à l’entrée en vigueur d’un nouveau confinement le 29 avril à Katmandou, la capitale, et de restrictions sur les vols domestiques et internationaux depuis le 3 mai, à cause de l’explosion épidémique en Inde.

Avec la découverte, mi-avril, au camp de base, d’un cas positif chez un alpiniste norvégien, transféré par hélicoptère à Katmandou, puis chez plusieurs membres du personnel accompagnateur, le Covid-19 menace aujourd’hui la reprise tant espérée. Pour l’heure, les expéditions en cours continuent : « La plupart des clients et leurs sherpas sont toujours au camp de base et prêts à partir dès que le temps le permet. Dans les deux semaines, il pourrait y avoir environ 700 personnes qui tentent l’ascension », explique Billi Bierling, gérant de The Himalayan Database, le site qui archive les expéditions dans l’Himalaya.

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Car le sommet de l’Everest représente 4 millions de dollars (3,3 millions d’euros) de redevances par an pour le pays. Chaque grimpeur s’acquitte de 9 000 euros pour son ascension. Soixante-dix autres pics de plus de 6 000 mètres ouverts à l’alpinisme permettent d’engranger environ 1 million de dollars par an.

L’Himalaya, cette « industrie sans fumée », fait vivre quelque 300 000 Népalais à travers les treks et le tourisme associé – et un million en incluant le secteur informel. L’épidémie de Covid-19, qui, en mars 2020, a conduit les autorités à organiser le rapatriement dans leur pays de près de 100 000 voyageurs, a sinistré le secteur.

« Les alpinistes reviendront d’eux-mêmes »

« Je n’ai pas de travail depuis dix-sept mois. Or, j’ai une agence, cinq locaux en location pour stocker du matériel. Et on n’a reçu aucune aide, juste un loyer. Des gens se sont suicidés », confie Kami Sherpa, un organisateur d’expéditions de 56 ans basé à Thamel.

Ce quartier de Katmandou, où pullulent les magasins de souvenir, de matériel de montagne, les bars, restaurants et « guest houses » pour touristes étrangers, commençait à revivre avant le nouveau confinement décidé fin avril. « On a vraiment besoin de vendre. On peut vous envoyer plus tard une peinture par cargo », plaide, lors de notre passage en avril, Yuratch, un jeune Népalais qui peint des tankas (toiles religieuses) bouddhistes pour les touristes.

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