Economie

A quoi ressemblera la ville post-Covid ?

Une série de rencontres avec des maires de villes, petites et moyennes, un grand entretien dans la presse quotidienne régionale plutôt qu’une classique intervention télévisée à 20 heures, l’annonce d’un nouveau tour de France dans les « territoires »… L’agenda d’Emmanuel Macron en témoigne : la pandémie a conforté la place des villes au centre du jeu politique et institutionnel. Quelques mois auparavant, la crise des « gilets jaunes » avait déjà contraint le président de la République à se tourner vers les édiles pour ancrer son « grand débat » au plus près de ceux qui, sur les ronds-points, avaient exprimé les impasses d’une organisation de l’espace qui concentre toujours plus de richesse et de ressources dans les métropoles. Et relègue toujours plus loin ceux qui ne peuvent y accéder. Crise du logement et de la mobilité. Crise du périurbain.

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Le coronavirus, lui, s’est frontalement attaqué à l’urbain, faisant payer un lourd tribut
sanitaire à la plupart des métropoles. Interconnectées, fourmillant de lieux de brassage
(professionnel, commercial, culturel, sportif…), nombre de grandes villes furent d’intenses foyers de circulation du virus. Tout ce qui alimente leur rayonnement, tout ce qui nourrit leur énergie et leur dynamisme s’est retourné contre elles.

Le coût fut – et demeure – encore plus élevé dans les zones les plus paupérisées. Là aussi, la pandémie a agi comme un révélateur et accélérateur des inégalités, soulignant de manière aussi criante que cruelle l’impuissance de nombre de métropoles à résorber l’ « assignation à résidence » des plus pauvres. Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle, l’avait désignée comme son « ennemie » évoquant « les gens qui sont bloqués dans leur situation », le 30 mars 2017 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Attrait des villes moyennes

La pandémie a également bouleversé le rapport que nombre de citadins entretiennent avec les villes. De baromètres en sondages, se confirme d’ailleurs le regain d’attractivité des cités dites « à taille humaine ». Une enquête du think tank La Fabrique de la Cité, publiée en novembre 2020, en détaillait les ressorts : tranquillité (pour 32 % des personnes sondées), coût de la vie accessible (31 %), proximité avec la nature (25 %) et logements plus spacieux (23 %). Certaines villes moyennes ne s’y trompent pas et affichent leurs atouts et leurs atours dans les couloirs du métro parisien.

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Enfin, l’organisation des villes a été profondément interrogée, dans un contexte déjà marqué par l’urgence écologique. Nombre de réaménagements de la voirie au profit du vélo, qui sans la pandémie auraient sans doute suscité d’homériques polémiques, sont appelés à être pérennisés. Plus généralement, à la lutte contre le réchauffement climatique s’adossent désormais des appels, jusque-là feutrés, à repenser le lien entre nature et ville, et la place de la biodiversité, dont les dérèglements demeurent l’hypothèse la plus probable de la diffusion du SARS-CoV-2.

Que restera-t-il du Covid dans nos villes ? Quelles traces laissera la pandémie dans l’organisation urbaine ? Ce sont les questions que pose ce dossier spécial, réalisé à l’occasion de l’édition 2021 d’InOut, événement conçu par Rennes Métropole et dont Le Monde est partenaire. En raison du contexte sanitaire, ce forum quitte le couvent des Jacobins pour les écrans, et consistera cette année en une série de quatre émissions de télévision, qui s’ouvrent à d’autres thématiques que celles des mobilités, cœur du forum jusque-là, pour explorer les enjeux de la ville de demain.

Cet article est réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le forum InOut.


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