Economie

A Belfort, l’avenir de General Electric passe par la case tribunal

Manifestations d’employés de GE, à Belfort, le 29 mars 2021.

La menace planait depuis des mois, elle vient d’être mise à exécution. A Belfort, la CFE-CGC et SUD Industrie de l’entité gaz de General Electric (GE) ont formé une requête en assignation auprès du tribunal judiciaire, lundi 10 mai, pour réclamer, de la part du conglomérat américain de l’énergie, le respect de ses engagements pris en octobre 2019. Ils étaient venus clôturer un conflit qui avait éclaté cinq mois plus tôt lorsqu’un projet de suppression de 792 postes (485 au final) sur 1 760 avait été rendu public.

Lire aussi A Belfort, General Electric revoit à la baisse son plan social chez Steam Power

Parmi ces engagements figurent la localisation à Belfort du centre d’excellence mondial pour les turbines 50 Hz (il est aujourd’hui situé à Dubaï), un effectif minimum de 1 275 salariés au plus tard le 31 décembre 2020 (une trentaine de postes restent à pourvoir), l’élaboration d’un projet industriel complémentaire axé sur l’hydrogène, l’énergie à la demande et la centrale 4.0, ainsi que le reclassement des salariés de la ligne stator-combustion de Bourogne, près de Belfort, délocalisée en Hongrie.

« Aucune perspective »

Cette saisine fait suite à une mise en demeure, notifiée par courrier le 8 février réclamant aux dirigeants de GE de respecter les accords signés avec l’Etat français en novembre 2014, au moment du rachat de la branche énergie d’Alstom, puis avec la CFE-CGC et SUD Industrie en octobre 2019. « La réponse que nous avons reçue le 31 mars n’offre aucune perspective pour Belfort », déplore Philippe Petitcolin (CFE-CGC), appuyé par Alexis Sesmat (SUD) : « Nous n’avons pas d’autre choix que l’action judiciaire. »

Lire le reportage : Crise économique : la résilience du Territoire de Belfort à nouveau mise à rude épreuve

Dans cette lettre, Scott Strazik, PDG de Gas Power, réaffirme que l’activité dont il a la charge « est confrontée à de profonds changements qui résultent de la transition énergétique et sont aggravés par une période d’incertitude sans précédent liée à la pandémie globale » et justifie sa restructuration à l’échelle mondiale par « une situation de surcapacité industrielle ».
Il rappelle ensuite la nécessité, pour tous les sites du groupe dans le monde, d’améliorer leur compétitivité opérationnelle tout en déplorant que « l’objectif de 12 millions d’euros de réduction des coûts par an sur le site de Belfort a été manqué en 2020, seuls 5,3 millions ayant été réalisés ». Or, « les projections montrent qu’il le sera également en 2021 ». S’agissant du nouveau projet industriel, il estime que « certains axes stratégiques identifiés ne sont pas viables dans le contexte actuel du marché ».

Il vous reste 33.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page