Economie

la crise pousse à la baisse les prix des loyers

Un immeuble à Paris, le 30 juillet 2020.

La crise sanitaire peut avoir du bon, notamment pour les locataires lorsqu’elle provoque ce qui paraissait impossible, détendre les marchés locatifs des villes les plus chères et recherchées. Les sites d’annonces et les agents immobiliers constatent, en chœur, un afflux inédit d’offres de locations. En mars 2021, le site SeLoger a compté 79 % d’annonces en plus pour des appartements loués vides et 129 % de meublés en plus que l’an dernier.

Le mouvement avait débuté dès septembre 2020, mais a pris de l’ampleur au premier trimestre 2021 et entraîne, même à Paris, Lille ou Nice, une légère mais historique baisse des loyers. En un an, le nombre d’annonces de locations a triplé à Nice comme à Annecy, Rennes, Toulouse, et quintuplé à Bordeaux. L’afflux d’offres montre l’emprise des plates-formes touristiques de type Airbnb qui s’exerçait, avant crise, sur les marchés locatifs des centres historiques des grandes villes, Bordeaux et Paris en étant les symboles et principales victimes.

« A Paris, c’est du jamais-vu, confie Stanislas Coûteaux, fondateur et dirigeant de Book-A-Flat, qui gère 3 000 appartements meublés, plutôt haut de gamme, dans la capitale. Sur le seul site SeLoger, on trouve, aujourd’hui, 10 000 offres de biens meublés à louer contre 5 000 habituellement et nos propriétaires, jusqu’ici habitués à trouver un locataire dans les huit jours, mettent plusieurs semaines ou mois et doivent réduire leurs prétentions financières. » Ce gestionnaire a ainsi accueilli, depuis janvier, 300 nouveaux clients, pour la plupart des propriétaires bailleurs qui, jusque-là, louaient en meublé et en courte durée à des touristes.

« Quasiment les mêmes revenus »

Le site De Particulier à Particulier (PAP) enregistre aussi le bond de l’offre de biens à louer, + 24 % pour la France entière et + 75 % rien qu’à Paris. « On reconnaît vite les appartements auparavant destinés aux touristes à leur décoration soignée et standardisée, avec l’indispensable cafetière Nespresso et parfois la mention “refait par un architecte d’intérieur”, souligne Corinne Jolly, présidente de PAP. Et ces biens restent parfois plusieurs mois en attente », constate-t-elle.

Un studio du 5e arrondissement de Paris, dont l’annonce a été publiée en novembre 2020, a vu son loyer mensuel passer de 1 500 à 1 400 puis 1 300 euros et n’a, début mai 2021, toujours pas trouvé preneur ; un autre, près du Trocadéro (16e arrondissement), a trouvé locataire après deux mois, non sans une baisse de 6 % de loyer. Non seulement les touristes ne sont pas encore revenus, mais les étudiants sont rentrés chez leurs parents suivre les cours à distance et les jeunes actifs ont vu missions et stages reportés. Autant de locataires en moins et de logements libres en plus.

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