Politiques

Marine Le Pen ironise sur les bracelets anti-rapprochement et Eric Dupond-Moretti, ses adversaires politiques s’indignent


La petite phrase ironique n’est pas passée inaperçue. Interrogée en marge de la commémoration du 8 mai 1945 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) sur la candidature d’Eric Dupond-Moretti aux régionales dans les Hauts-de-France, Marine Le Pen a fait allusion au dispositif des bracelets anti-rapprochement, déployés par la justice française pour tenter de tenir à distance les hommes violents et protéger leur compagne ou ex-compagne.

“Maintenant, l’obsession que M. Dupond-Moretti a à mon égard commence à devenir relativement étrange, il paraît qu’il reste quelques bracelets anti-rapprochement en rab, je suis preneuse”, a-t-elle déclaré à la presse. Au lendemain du féminicide de Mérignac et de la mort de Chahinez Boutaa, brûlée vive par son époux, Eric Dupond-Moretti avait souhaité que ces bracelets anti-rapprochements soient davantage utilisés.

Selon Marine Le Pen, le garde des Sceaux n’est pas le premier à venir défier le RN dans les Hauts-de-France. “J’ai vu beaucoup de forts en gueule venir ici tenter de défier le RN et opérer des rodomontades, M. Tapie en son temps, M. Mélenchon, et ils sont tous assez rapidement repartis plutôt humiliés par l’expérience”, a déclaré la députée du Pas-de-Calais. “Je n’ai pas à débattre avec M. Dupond-Moretti, moi je débats avec Emmanuel Macron, éventuellement”, a-t-elle conclu.

Le ministre de la Justice avait déclaré, au moment d’annoncer sa candidature, que “Mme le Pen refuse de débattre avec moi”. “Elle ne veut pas venir à moi, alors je viens à elle”, avait-il ajouté. Conseillère régionale sortante, Marine Le Pen ne se représente pas, mais est candidate aux départementales dans le Pas-de-Calais, sur le canton d’Hénin-Beaumont.

La déclaration de Marine Le Pen a beaucoup fait réagir, notamment au sein de la classe politique, et surtout après le féminicide de Mérignac(Gironde), mardi 4 mai, où une mère de famille de 31 ans a été brûlée vive. C’est ce qu’a rappelé Marlène Schiappa dans un tweet. “Un peu de décence en rab, peut-être, Madame ?”, a écrit ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur chargée de la citoyenneté.

Une autre membre du gouvernement a réagi. “La politique politicienne ne justifie pas tout, s’indigne Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes. La lutte contre les violences faites aux femmes n’a jamais constitué l’une de vos priorités. Désormais, c’est la dignité la plus élémentaire qui vous manque sur un sujet si grave.”

La comparaison a également choqué Karima Delli, tête de liste dans la région d’une liste d’union entre la gauche et les écologistes. “Cela démontre encore une fois que Marine Le Pen est prête à toutes les provocations immondes, indécentes, pour faire parler d’elle coûte que coûte”, a déclaré l’eurodéputée sur BFMTV.

Autre réaction, celle d’Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines. Il y a des femmes qui meurent. Trop de femmes qui meurent. Personne ne penserait à en plaisanter. Sauf le RN et Marine Le Pen”, écrit l’élue de la majorité.




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