Economie

en Suède, les bonus versés aux dirigeants suscitent la colère dans le pays

Le PDG d’Attendo, numéro un des soins aux personnes âgées dans les pays nordiques, a fini par céder. Jeudi 6 mai, Martin Tivéus a annoncé qu’il renonçait à son généreux bonus de 1,9 million de couronnes (187 000 euros). Il prévoit de reverser l’argent au fonds de développement des employés. « C’est une décision personnelle que je prends, compte tenu du fait qu’en tant que PDG de cette entreprise, dans le débat actuel, je deviens un symbole de cupidité, ce que je ne suis pas », a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tôt, le groupe avait présenté un bilan en berne pour le premier trimestre. Les pertes d’Attendo atteignent 10 millions de couronnes, contre un excédent de 4 millions au premier trimestre 2020. En cause : la chute de 10 % du taux d’occupation de ses Ehpad.

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En Suède, comme ailleurs en Europe, les résidents des maisons de retraite ont payé un très lourd tribut à la pandémie : 5 526 d’entre eux sont morts depuis mars 2020, ce qui représente 40 % des victimes liées au Covid-19. L’Inspection des soins et de la santé (IVO) a déjà conclu à de très graves défaillances dans ces établissements : les salariés ont longtemps manqué de matériel de protection, les protocoles sanitaires n’ont pas été respectés, certains résidents malades n’ont pas vu de médecins…

Une énième provocation

La décision d’Attendo de verser des bonus à ses dirigeants a été vue comme une énième provocation dans ce contexte, alors que le débat fait rage en Suède, depuis des années, autour de la question des profits réalisés par les groupes privés présents dans des secteurs financés par le contribuable. Or, en 2020, Attendo a perçu 133 millions de couronnes d’aides de l’Etat pour faire face à la pandémie.

Les révélations du journal Aftonbladet ont d’autant plus choqué qu’elles sont intervenues le lendemain de la diffusion d’un très long reportage sur la chaîne publique P1, dénonçant les dysfonctionnements graves dans un des Ehpad du groupe à Stockholm. Plusieurs employés y racontent comment la direction a refusé d’appliquer les directives des autorités sanitaires, qui demandaient de séparer les patients malades des autres, pour limiter les contaminations.

Manque de personnel

Sur son site Internet, la maison de retraite affirme que le protocole sanitaire a été respecté. Mais, dans les faits, faute de personnel, les résidents ont été mélangés, sans que les familles soient informées. Et le virus s’est propagé à toute vitesse, faisant plusieurs morts et de nombreux malades. A l’automne 2020, une salariée a témoigné dans un journal suédois. Quelques jours plus tard, elle était convoquée par ses chefs, qui lui ont reproché d’être « déloyale » et l’ont menacée de licenciement.

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