Economie

Le Grand Palais éphémère en ordre de marche sur le Champ-de-Mars

Le Grand Palais éphémère, installé sur le Champ-de-Mars, à Paris, le 3 mai 2021.

« On a des demandes de partout qui arrivent. Je ne sais pas si on pourra toutes les satisfaire. » S’il n’a pas poussé un grand « ouf » de soulagement, Chris Dercon, le patron belge de la Réunion des musées nationaux (RMN)-Grand Palais, peut en tout cas envisager l’avenir plus sereinement. Lancé il y a un peu plus de sept mois, le chantier du Grand Palais éphémère, installé sur le Champ-de-Mars pour suppléer le « vrai » Grand Palais, situé près de l’avenue des Champs-Elysées et fermé pour travaux jusqu’en 2023, se termine à peine que son carnet de réservations explose. « Tout le monde est séduit par les possibilités qu’offre le lieu. Et la vue sur la tour Eiffel est magnifique », s’enthousiasme M. Dercon.

Sur le papier, le pari n’avait pourtant rien d’évident. « On devait bâtir une structure démontable, offrant 10 000 mètres carrés de surface d’exposition, sans planter un seul poteau dans le sol et qui ne génère pas de nuisances pour les riverains », dit en souriant Jean-Michel Wilmotte, l’architecte chargé du projet. Pour y parvenir, le septuagénaire a imaginé une croix de 140 mètres de long, supportée par 44 immenses arches en bois, toutes préfabriquées en atelier à Strasbourg et amenées sur le chantier par 55 semi-remorques. L’ensemble a été recouvert de six couches de polymère, qui assurent une parfaite isolation acoustique et thermique.

« Architecture dilatée »

Désormais opérationnel, le bâtiment n’a pas à rougir de la comparaison avec celui de l’avenue Winston-Churchill. Sous le chapiteau, où pas un pilier ne pollue les lieux, l’espace est presque aussi important que sous la nef du Grand Palais. « Il n’y a que 2 000 mètres carrés de différence », affirme M. Wilmotte. Bien sûr, le clone du Champ-de-Mars ne dispose pas d’une verrière comme son grand frère. Mais les deux murs vitrés qui le ferment de part et d’autre offrent une perspective traversante allant de la tour Eiffel à l’Ecole militaire. Et l’isolation assurée par le plafond bleu nuit permettra d’éviter les pics de chaleur et le brouhaha qui perturbent parfois les manifestations dans le Grand Palais. « C’est un bâtiment qui permet une architecture dilatée, où on peut faire du spectacle, de l’art, du sport… », apprécie Chris Dercon.

Au total, le bâtiment a coûté 40 millions d’euros, y compris sa maintenance jusqu’en 2024

Officiellement ouvert le 12 juin, à l’occasion d’un spectacle de danse conçu par le chorégraphe Boris Charmatz, le Grand Palais éphémère devrait accueillir une bonne partie des manifestations qui se déroulent chaque année dans le palais de l’avenue Winston-Churchill. La FIAC, les Salons Paris Photo et Art Paris, la compétition de saut d’obstacles Saut Hermès, ont déjà réservé leur place. Le couturier Chanel, qui s’est engagé à verser 25 millions d’euros pour la restauration du Grand Palais, y organisera ses défilés de mode. De juillet 2023 à octobre 2024, le bâtiment sera aussi utilisé par Paris 2024, le comité d’organisation des jeux olympiques, notamment pour accueillir les épreuves de judo et de lutte de la compétition, censée se dérouler du 26 juillet au 11 août 2024.

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