Economie

Des collectifs des travailleurs des plates-formes ne veulent pas entrer dans le moule du syndicalisme traditionnel

Les longues heures passées à auditionner des collectifs de livreurs à vélo, chauffeurs VTC, travailleurs indépendants et des organisations syndicales, ont finalement accouché d’un texte de loi. Sur les recommandations de la mission Mettling, chargée de poser les jalons du dialogue social entre les travailleurs des plates-formes et leurs employeurs, une ordonnance publiée le 22 avril crée un « droit au syndicalisme » pour les chauffeurs VTC et les livreurs, qui voient aujourd’hui leurs conditions de travail dictées unilatéralement par les plates-formes et leurs algorithmes.

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Dès 2022, ces catégories de travailleurs pourront élire leurs représentants tous les deux ans (puis tous les quatre ans), à partir du moment où les électeurs justifient d’au moins trois mois d’exercice. Le vote se fera par voie électronique, selon des modalités qui restent à définir.

Pourront être élus des syndicats professionnels, mais aussi des collectifs de travailleurs indépendants, à condition qu’ils répondent à certains critères (ancienneté, influence, audience…). Le texte crée aussi une Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE), chargée de superviser le scrutin et de veiller à la protection des représentants. Ainsi, les plates-formes ne pourront pas rompre arbitrairement le contrat commercial qui les lie aux élus.

Les tarifs et les algorithmes en débat

Un premier pas vers la structuration du dialogue social, saluent les syndicats et les collectifs qui se battent depuis des mois aux côtés des travailleurs des plates-formes. Sans se priver d’émettre des réserves sur le fond du texte. « L’ordonnance s’est bornée à définir le périmètre des élections, sans entrer dans le détail du contenu du dialogue social, s’inquiète Hind Elidrissi, cofondatrice et porte-parole d’Indépendants.co. Il ne faudrait pas laisser les plates-formes décider des sujets qui seront abordés, comme la couleur du sac des livreurs ! »

Selon la porte-parole d’Indépendants.co, deux sujets de discorde se dégagent : les tarifs fixés unilatéralement par les plates-formes et le fonctionnement obscur des algorithmes décidant des courses. Jérôme Pimot, lui, ne mâche pas ses mots : le fondateur de Clap, le collectif des livreurs autonomes de Paris, voit dans cette institutionnalisation du dialogue social une relative perte de temps. « On se détourne du véritable sujet, à savoir les conditions de travail des livreurs. Le temps de mettre en place les élections et de négocier, ils ne verront les résultats que dans quelques années ! »

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