Economie

« Nous ne pouvons tolérer qu’une poignée d’acteurs préempte les données européennes au bénéfice exclusif de leurs modèles d’affaire »

Tribune. Gaia-X est une initiative européenne, lancée en juin 2020 par les ministres de l’économie français, Bruno Le Maire, et allemand, Peter Altmaier, qui porte comme ambition commune de favoriser la libre circulation des données dans l’Union européenne (UE), au sein d’un espace de confiance cohérent avec les valeurs de notre continent. Avec la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux, la libre circulation des données est l’un des facteurs fondamentaux de la croissance du continent pour les deux prochaines décennies.

Désormais, une économie numérique ne génère de la valeur que si les données, à l’instar des capitaux, peuvent circuler librement et en confiance entre les différents acteurs. Aucun d’entre eux ne peut prétendre disposer, à lui seul, de toutes les données nécessaires pour développer de nouveaux services à valeur ajoutée, et nous ne pouvons tolérer qu’une poignée d’acteurs préempte ces données au bénéfice exclusif de leurs modèles d’affaire.

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Cette liberté doit structurer les industries et les services de l’Europe du XXIe siècle. Nous avons collectivement l’obligation de réussir ce rendez-vous pour notre économie, pour la maîtrise de ses dépendances, pour la liberté des générations futures. Gaia-X est une association internationale sans but lucratif (AISBL) de droit belge, créée par ses 22 membres fondateurs, français et allemands. Gaia-X n’est ni un fournisseur, ni un courtier, ni un intermédiaire de services cloud.

Etablir un cadre de confiance

Cette association doit, en premier lieu, établir un cadre de confiance, respectueux des valeurs et de la législation européennes, se traduisant notamment par la définition de labels exigeants. Elle doit, en second lieu, fédérer les besoins de mutualisation des données des producteurs et utilisateurs de celles-ci, en appelant les fournisseurs de services à contribuer dès lors qu’ils inscrivent leurs services dans ce cadre de confiance défini par Gaia-X.

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Le conseil d’administration de l’association européenne Gaia-X a validé, le 29 mars 2021, l’adhésion de 212 organismes, dont 92 % sont européens. Il est important de rappeler que les statuts de Gaia-X prévoient explicitement de réserver la gouvernance de l’association aux organismes dont le siège mondial est installé dans l’UE.

La conséquence de cette disposition, et il serait honnête de la rappeler dès lors que l’on évoque l’adhésion d’entreprises non européennes comme Google, Microsoft, AWS, Huawei, Alibaba Cloud ou encore Palantir, c’est qu’elles acceptent le principe de ne pas participer à la gouvernance de l’association à laquelle elles adhèrent.

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