Economie

Les professionnels de la restauration d’entreprise veulent chercher les salariés « là où ils se trouvent »

Dans une cuisine de Dejbox, service de livraison de repas pour les salaries dans les entreprises.

« Les impacts de la crise sanitaire constatés ces derniers mois ont fortement aggravé la situation économique de la restauration collective », alertait en décembre le Syndicat national de la restauration collective (SNRC). « La perte du chiffre d’affaires pour l’ensemble des sociétés de restauration collective s’élève à 1,5 milliard d’euros pour 2020 », estime Esther Eklou-Kalonji. Pour la déléguée générale du SNRC, « les 6 000 suppressions d’emplois prévues par Sodexo, Elior et Compass sont le miroir de ce qui se passe dans toutes les entreprises du secteur ».

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Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) annoncé par Sodexo en octobre 2020 prévoit plus de 2 000 suppressions de postes, avec une première phase de départs volontaires en cours et des reconversions vers le secteur de la santé. « Les salariés sont plutôt inquiets. Pour les premiers départs, les seuls volontaires sont les salariés proches de la retraite », précise Sonia Porot, secrétaire générale départementale CGT des Yvelines. Un autre ténor du secteur, le groupe Elior, a aussi déclaré en octobre 2020 un PSE avec 1 888 suppressions d’emplois. D’autres enfin n’ont pas fait ce choix – comme Compass Group, malgré une réduction d’effectif prévue de 1 500 emplois – et misent sur l’activité partielle de longue durée pour absorber le caractère progressif de la reprise après le Covid-19.

« L’histoire de ce grand bouleversement commence le 16 mars 2020. On a dû fermer une grande majorité de nos établissements et mettre des collaborateurs en activité partielle », raconte Camille Berthaud, le directeur général d’Eurest, une filiale de Compass spécialisée dans la restauration d’entreprise. Que ceux-ci soient commis de cuisine, employés de restauration, chefs pâtissiers, chauffeurs-livreurs, caissiers, manageurs ou responsables de restaurant, le recours à l’activité partielle a été massif pour tous les métiers.

Montagnes russes

La baisse d’activité du secteur a suivi un rythme de montagnes russes, guidée par la fréquentation des cantines d’entreprise, avec des plus bas en mars 2020, en août – période creuse traditionnelle – puis en novembre, lors du deuxième confinement, et à nouveau depuis fin mars, pour le troisième confinement. « On est en moyenne à 15-20 % d’occupation des restos au mieux, avec de très fortes variations selon l’activité des entreprises et la part du télétravail. Les ateliers d’Hermès tournent à 80 %, mais la Société générale est à 10 % grand maximum », décrit Laurent Corbasson, délégué CGT de Sodexo. La direction du groupe, également contactée, n’a pas souhaité s’exprimer.

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