Economie

Au deuxième trimestre, l’économie française poursuit sa convalescence

Est-ce la lassitude qui gagne ? Au bout de plus d’un an de crise, de mesures sanitaires et de télétravail généralisé, les entreprises semblent commencer à accuser le coup. La résilience souvent saluée de l’industrie achoppe sur les difficultés d’approvisionnement, voire sur des pénuries de main-d’œuvre, tandis que dans les services, c’est le travail à distance qui semble impacter l’activité.

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« De plus en plus d’entreprises considèrent que le télétravail a un impact défavorable sur leur productivité » a relevé Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee, en présentant les résultats des enquêtes du deuxième trimestre. Ce sentiment général englobe l’ensemble des mesures sanitaires : télétravail, mais aussi port du masque, mesures de distanciation sociale, réorganisations de l’activité… Mais concernant plus spécifiquement le télétravail, « on arrive à une proportion de 20 % qui pensent que l’effet est défavorable, contre 10 % qui pensent que l’effet est plutôt favorable », précise Julien Pouget.

Lassitude et incertitudes

Cette lassitude qui s’exprime ne remet toutefois pas en question les perspectives de reprise économique. L’activité, qui s’est repliée en avril à – 6 % sous son niveau d’avant-crise (contre – 7,5 % en novembre 2020 et – 31 % en avril 2020), devrait reprendre progressivement de la vigueur avec les réouvertures prévues d’ici à fin juin. L’Insee prévoit que l’activité économique reviendra à 4 % environ sous son niveau d’avant-crise en mai, puis entre 2 % et 3 %, toujours sous le niveau d’avant-crise, en juin.

« On sait qu’avec les mécanismes de soutien qui sont mis en place, l’économie est capable de rebondir rapidement − si l’épidémie est jugulée » Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l’Insee

« Sous ces hypothèses », le PIB augmenterait de l’ordre d’un quart de point (+ 0,25 %) au deuxième trimestre, portant l’acquis de croissance annuelle à 4,25 % environ à la fin juin, estime l’Insee. Quant au second semestre, compte tenu des incertitudes encore fortes sur la situation sanitaire, l’institut de la statistique préfère rester prudent. « On sait qu’avec les mécanismes de soutien qui sont mis en place, l’économie est capable de rebondir rapidement si et seulement si l’épidémie est jugulée », a souligné M. Pouget.

Le rebond, néanmoins, sera d’autant plus dynamique que les entreprises auront pu surmonter leurs difficultés actuelles, liées non seulement à l’organisation du travail mais aussi aux problèmes d’approvisionnement ou de main-d’œuvre. Ces deux préoccupations touchent pas moins d’une entreprise industrielle sur trois et plus de quatre entreprises sur dix dans le secteur du bâtiment.

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