Politiques

un “clown” peut-il créer la surprise en 2022 ?

Le palais de l'Elysée, en mars 2019. 
Le palais de l’Elysée, en mars 2019.  (ERIC FEFERBERG / AFP)

La tentation du clown : c’est le titre de cet essai écrit par la journaliste Laetitia Krupa, qui a recueilli les témoignages – nombreux – de sociologues, sondeurs, et de politiques, parmi lesquels des conseillers d’Emmanuel Macron. Ils sont tous d’accord sur le fait que l’espace politique existe en France pour la figure du “clown”, ou du “candidat hors-système”, à l’image d’un Beppe Grillo en Italie, d’un Donald Trump aux Etats-Unis ou d’un Volodymyr Zelensky, l’acteur et humoriste élu président en Ukraine.

L’un des communicants qui a aidé à l’élection de ce dernier prévient : “Il y a en France le même appétit pour une réponse neuve.” Et une opportunité pour qu’une telle figure émerge, notamment à cause du rejet que suscite Emmanuel Macron dans les classes populaires, selon Luc Rouban, chercheur au CNRS et qui est interrogé dans le livre. Selon une prédiction de Gaspard Gantzer, l’ancien communicant de François Hollande à l’Elysée, “le clown sortira très tard, ça se jouera en huit semaines.”

Emmanuel Macron se joue du risque d’émergence d’un phénomène à la Coluche. Laetitia Krupa l’analyse finement. L’Elysée oscille entre diabolisation et asphyxie. En disant craindre l’émergence un candidat-bouffon, l’Elysée diabolise d’emblée toute entrée en campagne d’un candidat hors-système. Et cela replace Emmanuel Macron comme le candidat de la crédibilité.

Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, est cité dans le livre : “La crise sanitaire marque le retour du politique dans la vie des gens.” C’est aussi ce que dit dans le livre, de manière plus cynique, Thierry Solère, conseiller du président : “Quand vous avez peur pour votre vie, votre emploi et votre survie économique, vous ne vous tournez pas vers celui ou celle qui fait un jeu de claquettes.”

Et puis il y a la stratégie de l’asphyxie, quand Emmanuel Macron prend son téléphone ou se déplace pour s’afficher au côté de celui à qui l’on prête un destin de chamboule-tout présidentiel. Le Pr Raoult que l’on va voir à Marseille, le coup de fil à Jean-Marie Bigard ou Eric Zemmour, les échanges avec Cyril Hanouna.

“Le président prend le pari du dialogue pour les neutraliser”, reconnaît Stéphane Séjourné, autre conseiller du président. Car s’ils font partie des interlocuteurs du chef de l’Etat, c’est qu’ils ne sont plus vraiment hors-système… 


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page