Economie

Max Havelaar va proposer un label pour des produits français

Max Havelaar France, qui labellise depuis trente ans des produits équitables provenant des pays en développement, a décidé de « franchir le pas » et « d’adapter cette expérience à des productions agricoles françaises », annonce Blaise Desbordes, directeur général de l’association. L’association a choisi de travailler sur le lait et le blé. Des yaourts sucrés ou à la vanille et des biscuits chocolatés labellisés devraient ainsi être commercialisés à la fin de l’année.

La réflexion, « profonde et existentielle », a été lancée il y a dix-huit mois, explique-t-il à l’Agence France-Presse à quelques jours de la Quinzaine du commerce équitable (8 au 23 mai). « Nous nous sommes dit que fait-on de l’attente des consommateurs vis-à-vis des paysans français dont une part notable a du mal à vivre de son travail. »

Soixante-deux pour cent des Français pensent qu’une plus grande consommation de produits alimentaires « made in France » pourrait aider l’agriculture, selon un sondage OpinionWay réalisé pour Max Havelaar en avril.

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« Une meilleure rémunération aux agriculteurs »

Le label Fairtrade/Max Havelaar, qui repose sur des cahiers des charges, garantit notamment « une meilleure rémunération aux agriculteurs » et le respect de l’environnement. Actuellement ce label concerne des productions des pays du Sud, comme les bananes, le café, le cacao, le thé, le sucre de canne, etc.

La direction de l’association a donc dû expliquer sa démarche en interne. « Je suis allé faire un plaidoyer devant les petits producteurs africains et latino-américains », membres du mouvement FairTrade/Max Havelaar, raconte Blaise Desbordes. Ils lui ont fait remarquer que les agriculteurs français bénéficiaient de meilleures conditions de vie qu’eux. « Je leur ai répondu que le consommateur français ne comprendrait pas que Max Havelaar ne s’intéresse pas » au sort des paysans de l’Hexagone.

Pour adapter son label, Max Havelaar a pris soin de ne pas avoir une démarche globale en raison des variations des coûts de revient et des rendements d’une région à une autre. Il a retenu une méthode « inédite » de fixation du prix garanti en fonction du territoire et d’un objectif chiffré de revenu pour l’agriculteur.

Pour son premier lait équitable, il a travaillé avec l’ACLCCP (Association centrales des laiteries coopératives des Charentes et du Poitou), qui espère que cela aidera « à maintenir la filière laitière en déprise depuis quelques années » dans cette région. Son lait équitable ne sera pas le premier : « Il y a une dynamique extraordinaire sur ce produit, on s’est dit que Max Haavelar ne pouvait pas faire l’impasse là-dessus », reconnaît Blaise Desbordes.

Pour le blé, l’association travaille avec des céréaliers du sud-ouest, où les rendements sont trop faibles pour permettre à nombre d’exploitants de dégager des revenus corrects.

Le Monde avec AFP


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