Economie

« Il faut abandonner l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur »

Tribune. Le jeudi 29 avril, une équipe internationale a publié une étude alarmante dans la revue scientifique Nature Climate Change. Elle nous apprend que l’Amazonie brésilienne a rejeté plus de carbone qu’elle n’en a absorbé ces dix dernières années.

Selon les scientifiques, cela constitue un « basculement majeur et inédit » dans l’histoire du monde. A cause de l’activité humaine, l’Amazonie – qui fournit plus de 20 % de l’oxygène de notre planète – est littéralement en train de mourir. Et nous avec.

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Il est urgent d’agir. Avant qu’il ne soit trop tard. Comment ? En commençant par abandonner purement et simplement l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur [Brésil, Argentine, Urugay, Paraguay], qui, malgré de vives oppositions citoyennes et politiques, est toujours sur la table.

D’abord, car on ne signe pas un accord avec un pays dont un dirigeant bafoue les droits humains et s’assoit sur ses engagements environnementaux. Ensuite, car le contenu même de cet accord est une catastrophe climatique : il va accélérer la déforestation de l’Amazonie, détruire la biodiversité et faire exploser les émissions de gaz à effet de serre.

Un « protocole additionnel »

Une étude d’experts, présidée par l’économiste Stefan Ambec et mise en place par le gouvernement français, a conclu que l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur accélérerait la déforestation d’au moins 25 % par an au cours des six prochaines années du seul fait de la hausse de la production de viande bovine que va engendrer cet accord. Cela représente la disparition de 36 000 km2 de forêt chaque année.

Dans le même temps, cet accord menace aussi la survie des populations autochtones, des paysans et des petites exploitations, tant en Europe qu’en Amérique du Sud.

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Au lieu de l’abandonner, on apprend que vous redoublez d’efforts pour sauver cet accord. Dans le même temps, la Commission européenne vient d’être épinglée par la médiatrice de l’UE pour mauvaise administration en concluant cet accord de commerce sans avoir correctement réalisé l’étude d’impact sur le développement durable.

On apprend, enfin, qu’un « protocole additionnel » au traité ainsi que la « scission » du traité pour faciliter l’approbation du volet commercial seraient à l’étude afin de contourner la mixité de cet accord et l’opposition de certains Etats membres. Cela est proprement inacceptable.

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Pour lutter contre le réchauffement climatique et asseoir l’autonomie stratégique de l’Europe, il faut réviser la politique de libre-échange généralisée de ces dernières décennies. De toute urgence. Nous ne sommes en aucun cas opposés au commerce, ni même à la négociation d’accord de commerce par principe, mais nous pensons qu’aujourd’hui que nous devons mettre la politique commerciale européenne au service de la transition écologique et de plus de justice sociale.

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