Economie

« Aux Etats-Unis, les actionnaires se rebiffent en ces temps de Covid-19 »

Le PDG de General Electric, Larry Culp, à Tarrytown (New York), en mai 2019.

Pertes & profits. Les actionnaires se rebiffent en ces temps de Covid-19, et plus que les années précédentes. Avant les assemblées générales annuelles, les dirigeants de plusieurs multinationales américaines ont vu le taux d’approbation de leurs rémunérations chuter brutalement. Il ne s’agit que de votes consultatifs, mais les patrons de Starbucks, de la chaîne de pharmacies Walgreens Boots Alliance ou du géant des télécoms et des médias AT&T sont dans le collimateur. Dernier visé, le PDG de General Electric (GE), Larry Culp, la meilleure illustration de ce qui s’est passé ces derniers mois.

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En août 2020, alors que le conglomérat poursuit une restructuration marquée par des dizaines de milliers de licenciements, son conseil d’administration décide de prolonger le contrat de M. Culp jusqu’en 2024 et de relever son plan de rémunération…, tout en baissant les objectifs financiers fixés lors de sa nomination. Il pourrait toucher jusqu’à 232 millions de dollars (193 millions d’euros) en fin de mandat, et cette perspective lui vaut une pluie de critiques. La société de conseil aux actionnaires Glass Lewis, qui n’abrite pas de dangereux bolcheviques, reproche cette politique au « board ». Et 57,7 % des votants s’y sont opposés (contre 73 % en 2020), selon un décompte provisoire publié mardi 4 mai.

L’argument de la compétence

Le conseil de GE attribue à M. Culp toutes les qualités pour sauver le géant de Boston. En 2020, il a dégagé un bénéfice de 5,2 milliards de dollars, le montant de sa perte de 2019. Il ne faut donc pas lésiner sur les moyens. Un argument de la compétence repris chez AT&T, où la moitié des actions exprimées a pourtant rejeté le plan de rémunération des dirigeants : qui mieux que Jason Kilar, patron de la division média depuis le rachat de Time Warner en 2018, peut développer cette activité au sein de l’opérateur historique des télécoms américains ? Ce qui justifie, aux yeux du conseil, ses 52 millions de dollars – bien supérieurs aux 22 millions octroyés à son PDG, John Stankey.

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Seule une poignée de grandes sociétés affichent un soutien inférieur à 50 %. Leurs conseils d’administration vivent très mal de telles rebuffades. Qu’on se rassure, ce n’est pas encore le grand soir, à en croire le Wall Street Journal. Selon le quotidien des affaires, la rémunération médiane des dirigeants des 300 premières entreprises américaines cotées en Bourse a atteint 13,7 millions en 2020, près de 1 million de plus que l’année précédente.


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