Economie

Après l’épisode de gel, le gouvernement veut refonder l’assurance des récoltes

Un viticulteur français regarde les bourgeons de la vigne pour vérifier les dommages causés par le gel, à Champillon (Marne), le 13 avril 2021.

A Castries, dans l’Hérault, Sébastien (le prénom a été changé), propriétaire de 20 hectares de vignes, a perdu, en avril, la quasi-totalité de sa récolte dans l’épisode de gel sans précédent qui a frappé plusieurs centaines de milliers d’hectares de cultures. Bien qu’il soit couvert par une assurance multirisque climatique, l’indemnisation de ses pertes s’annonce extrêmement modique. Trop de mauvaises années se sont succédé. « Entre 1991 et 2012, nous n’avons jamais eu recours à l’assurance que nous avions souscrite. Depuis 2012, nous avons fait appel à eux six ou sept fois, dit-il. En 2016, à cause de la grêle, en 2017, pour un gel de printemps et une sécheresse, en 2019, la canicule a fait fondre le raisin. » Sans compter un coup fatal de mildiou en 2018.

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Pour indemniser leurs clients, les assureurs se fondent, par convention internationale, sur la « moyenne olympique » des cinq dernières années, en retirant la meilleure année et la pire, puis en calculant la moyenne des trois années restantes. « Pour nous, il s’agit de trois toutes petites récoltes, et, sur cette moyenne, il faut encore enlever la franchise », explique Sébastien. D’après ses premiers calculs, le chiffre d’affaires de son exploitation va chuter de 80 000 euros en 2021, par rapport à la moyenne de ses revenus sur vingt ans, pour tomber à 40 000 euros, et il n’attend pas plus de 5 000 à 7 000 euros de remboursement de son assureur. « L’assurance récolte est devenue obsolète, conclut-il. Je me pose la question de continuer à m’assurer. »

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C’est en fait l’ensemble du territoire qui se trouve rattrapé par cette chute des rendements agricoles, comme le souligne le député (LRM) du Val-de-Marne Frédéric Descrozaille dans un rapport sur la gestion des risques agricoles, remis le 21 avril au ministre de l’agriculture, Julien Denormandie. Provoquée par le réchauffement climatique, « cette dégradation en tendance des potentiels de production peut être considérée comme non assurable, car structurelle, et s’apparenter à une calamité voire à une catastrophe naturelle », souligne le parlementaire.

Deux systèmes cohabitent

En déplacement dans un vignoble de l’Hérault victime du gel, Jean Castex a affirmé, le 17 avril, qu’il fallait « refonder le logiciel de l’assurance récolte ». « Une réforme ne suffira pas », estime-t-on au ministère de l’agriculture, chargé par le premier ministre de faire « des propositions rapidement ».

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