Economie

les dégâts sociaux, atténués par la solidarité nationale, vont perdurer

Nassera et Nouria, volontaires au Secours populaire d’Aubervilliers, vérifient le contenu d’un carton de nourriture qui sera donné à une famille, le 30 avril.

La pandémie qui a d’abord mis l’économie à l’arrêt, entre mars et mai 2020, puis l’a bridée depuis bientôt un an, a aussi tendu à la société française un miroir grossissant de ses inégalités, des mécanismes d’exclusion et de la pauvreté.

Le gouvernement a demandé aux instituts statistiques d’accélérer la publication de leurs données sur le chômage, les minima sociaux et le pouvoir d’achat et chargé le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et les exclusions (CNLE, une instance consultative de 65 membres, élus, représentants d’associations, experts et 32 personnes en situation de pauvreté ou de précarité) de lui fournir des rapports qualitatifs sur l’impact de la crise sur les précaires. Le premier de ces rapports, qui sera remis ces prochains jours au premier ministre et titré « La pauvreté démultipliée », détaille, au fil de ses 150 pages, les effets multidimensionnels, sanitaires, sociaux, économiques, psychologiques, de la crise sanitaire.

« Nous y décrivons le triple mécanisme à l’œuvre dans cette crise violente, explique Fiona Lazaar, députée (ex-LRM) du Val-d’Oise et présidente du CNLE. Elle a d’abord empêché les personnes en précarité d’en sortir ; elle a ensuite précipité dans la pauvreté des gens qui en étaient proches, en particulier les salariés et indépendants à statut déjà précaire, d’intermittent, à temps partiel ou en CDD ; enfin, et c’est un choc, elle a beaucoup pesé sur la jeunesse, les étudiants, à un moment charnière dans leur vie et avec, peut-être, des conséquences néfastes à long terme. Les effets de la crise sont loin d’être homogènes pour toute la population et dans tous les territoires. »

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « La précarité financière et psychologique est en hausse » : les travailleurs sociaux et l’autre crise du Covid-19

Le million de pauvres de plus qu’anticipait la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), en octobre 2020, estimation basée sur la hausse de la pauvreté observée entre 2008 et 2012 à la suite de la crise économique dite des subprimes, n’est pas avéré pour le moment, sans doute grâce à la mise en place par l’Etat d’aides exceptionnelles, « un des enseignements de la crise de 2008 », détaille Mme Lazaar.

300 000 emplois détruits

Les pertes de revenu, lors du premier confinement, ont, selon la dernière enquête de l’Insee parue le 8 avril, touché un quart des ménages, mais 35 % des 10 % les plus modestes, voire 38 % si l’on exclut les retraités aux ressources par définition stables. L’Insee relève que 300 000 emplois ont été détruits entre décembre 2019 et décembre 2020, touchant d’abord les intérimaires, les CDI, les saisonniers, éternelle variable d’ajustement de l’économie. C’est cependant bien moins que l’après-crise de 2008 et son million d’emplois perdus.

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