Economie

« La surchauffe qu’inflige Joe Biden aux Etats-Unis est dangereuse »

Chronique. Devant tant de dévotion en Europe, on se gardera de critiquer le programme de dépenses du président Joe Biden – généraliser les classes maternelles gratuites, réparer les infrastructures délabrées du pays, faire payer un peu plus les riches, qui peut être contre ? En revanche, qu’il soit permis de s’interroger sur les impasses financières de Joe Biden qui jette des jerricans d’essence sur une économie en plein boom.

Celle-ci a crû de 6,4 % au premier trimestre en rythme annuel, ce qui n’empêche pas Joe Biden d’envoyer des chèques à toute l’Amérique. Résultat, le revenu total des Américains a augmenté de 11,2 % au premier trimestre 2021 par rapport à la moyenne de 2020 – du jamais-vu, en raison des transferts sociaux qui représentent désormais plus du quart des revenus des Américains (27,6 % pour être précis). Pour justifier sa politique transformative, Joe Biden a dû inventer un mythe, celui d’une Amérique ravagée – par le Covid –, comme Franklin Delano Roosevevelt l’avait trouvée ravagée pendant la Grande Dépression. C’est inexact. M. Biden confond 2020 et 2021.

« L’inévitable boom postpandémique »

Comme le résume un éditorial du Wall Street Journal (le 27 avril), « l’excuse de la Maison Blanche arguant qu’elle a hérité d’un foutoir dû au Covid est absurde. La production de vaccins était préplanifiée. Il en va de même pour l’économie, qui est en croissance depuis juillet dernier », écrit le quotidien des affaires, qui constate : « L’inévitable boom postpandémique est arrivé. La même chose se serait produite si M. Trump avait gagné », grogne le Wall Street Journal.

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Les Américains encaissent avec plaisir les chèques Biden, mais tiquent : cet argent venu du ciel est-il vraiment utile, alors que leurs revenus salariaux (produits par l’activité économique) ont été stables en 2019 et 2020 en dépit du Covid, et ont augmenté de 4 % en ce début d’année ? Prudents, ils mettent de côté l’équivalent des deux tiers des transferts sociaux qu’ils reçoivent, comprenant confusément que quelque chose ne tourne pas rond sur la planète financière. Ainsi, leur taux d’épargne, qui était de 7,5 % en 2019, s’est envolé à 16,3 % en 2020 et atteignait le niveau extravagant de 21 % début 2021.

Les chiffres sont vertigineux. Les trois plans de Joe Biden atteignent un total de 5 900 milliards de dollars, soit plus du quart du PIB américain

Les chiffres sont vertigineux. Les trois plans de Joe Biden (anti-Covid, infrastructures, aide à l’enfance) atteignent un total de 5 900 milliards de dollars, soit plus du quart du produit intérieur brut (PIB) américain, auxquels s’ajoutent les 900 milliards votés fin décembre pendant l’interrègne. Certes, tout cela n’est pas totalement voté, les plans d’infrastructures et d’aide à l’enfance s’étaleront sur deux mandats au moins, mais les finances publiques américaines sont déjà dans une situation qui défie l’entendement.

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