Economie

La machine Haribo grippée par le Covid-19

Haribo a ouvert, en mars, une nouvelle boutique à Vendenheim, au nord de Strasbourg, dans le Bas-Rhin. Sa dix-neuvième adresse en France. Et le mouvement ne s’arrête pas. Un vingtième magasin à la célèbre marque de bonbons allemande devrait être inauguré en juillet, à Béziers, au Polygone, plus précisément. La recette est éprouvée : une petite surface de 80 à 90 m2 installée dans une zone commerciale, dite « village des marques » et des rayons pleins à craquer de crocodiles gélifiés, de fraises Tagada, de Dragibus et autres Chamallows. « Les clients ne viennent pas pour Haribo, ils sont attirés par des marques d’habillement, par exemple, mais ils repartent avec un sachet plein de bonbons, c’est un achat d’impulsion », explique Jean-Philippe André, patron d’Haribo France.

Toutefois, depuis un an, l’achat d’impulsion est bousculé par la crise due au coronavirus. A preuve, selon M. André, les ventes d’Haribo ont fondu, en France, de 7 % en 2020, à 243 millions d’euros. « Nous avons perdu les boîtes que l’on amène au bureau ou que l’on achète pour les anniversaires des enfants. Nous avons aussi souffert de la chute de fréquentation des aéroports et des gares », explique le dirigeant. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est resté stable en grande distribution mais a fortement baissé dans les autres circuits de vente.

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Une période très étrange, source de questionnement sans réponse. Comme cette interrogation, digne d’une énigme du Sphinx : pourquoi les Français ont-ils tout particulièrement boudé les fraises Tagada ? Cherchant plutôt leur réconfort en croquant des tablettes de chocolat. L’entreprise ne s’est pas appesantie sur cette péripétie préférant se concentrer sur le maintien du cap dans cette navigation en eaux tumultueuses.

S’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs

Passée la surprise de 2020, elle a donc bâti un plan d’attaque pour 2021, tablant sur un premier semestre encore bouleversé. D’ailleurs, les boutiques ont dû, une nouvelle fois, baisser le rideau, début avril, pour le troisième confinement. Elles s’apprêtent à rouvrir leurs étals le 19 mai. « Nous allons faire mieux cette année, mais nous ne retrouverons pas encore le niveau de 2019 », estime M. André.

L’un de ses enjeux est de maintenir la mobilisation des équipes. Après un plan de départ d’une centaine de salariés annoncé en 2016, pour accroître la productivité, Haribo a négocié fin 2019 un nouveau plan sur trois ans avec les représentants du personnel. A la clé, le maintien des deux usines françaises du groupe allemand situées l’une à Marseille, l’autre à Uzès (Gard). Un nouvel accord d’intéressement pour les 730 salariés permanents a également été négocié.

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L’entreprise tente aussi de s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs. Après avoir mis sur le marché un crocodile gélifié avec une recette allégée en sucre, Haribo propose un nouvel emballage recyclable pour envelopper ses Dragibus. L’entreprise attend maintenant le jugement de ses clients. M. André, lui, se prépare à un autre verdict. Il a décidé de briguer les suffrages de ses pairs pour devenir président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), puissant syndicat professionnel. Résultat attendu en juin 2021.


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