Economie

« Imposer au transport aérien des taxes environnementales trop lourdes le rendrait inaccessible et tuerait une industrie majeure pour la France »

Ligne d'assemblage de l’Airbus A220 à Mirabel, le 8 avril à Mirabel (Québec).

Il en faut plus que les déclarations de la maire écologiste d’une ville française contre son aéro-club pour briser le rêve d’Icare. Plus qu’une campagne de « flygskam » à vous rendre « honteux de prendre l’avion ». Et sans doute plus qu’une pandémie, qui a cloué des milliers d’avions sur le tarmac et créé une menace sans précédent dans l’histoire de l’aviation. Certains défenseurs de l’environnement se prennent pourtant à rêver : et si 2019 marquait l’apogée du transport aérien, condamné à décliner sous les effets d’une triple crise économique, sanitaire et climatique ?

Dans le monde d’après, le ciel ne sera pas tout « vert ». Passées les violentes turbulences de la crise liée au Covid-19, le trafic devrait retrouver peu à peu son rythme de croisière, même si la situation reste chaotique et imprévisible durant quelques années, surtout en Europe. L’Association internationale du transport aérien (IATA) assurait encore, il y a deux ans, qu’il doublerait dans les vingt prochaines années, comme il l’avait fait depuis 2000. Le club des compagnies n’a pas revu ses projections. Sans honte, les hommes s’envoleront à nouveau pour aller au bout de la Terre.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les compagnies aériennes peuvent espérer un « retour à la normale » en 2024

La vaccination et le passeport sanitaire sont les clés d’une reprise rapide. L’horizon s’est dégagé aux Etats-Unis et en Chine, forts de leur énorme marché intérieur. Le redécollage tarde dans l’Union européenne, lestée par un « manque de coordination » de ses Etats membres, regrette Guillaume Faury, patron d’Airbus, dont l’avenir est suspendu aux commandes des compagnies. 

Leurs finances ne sont pas brillantes. Après avoir perdu 105 milliards d’euros en 2020, le secteur restera déficitaire en 2021 (− 40 milliards). Avec 2,4 milliards de passagers, on sera loin des 4,5 milliards enregistrés deux ans plus tôt. Le retour à l’équilibre n’est pas attendu avant 2022.

Lire aussi : Airbus limite les dégâts sur ses comptes

Rêve prométhéen

Y aura-t-il, pour autant, un retour « à la normale » ? De ce choc d’une violence inouïe peut sortir un bénéfice pour l’environnement. Il y a de la marge. L’aérien est, de loin, le mode de transport le plus émetteur de gaz à effet de serre : quarante fois plus que le train par passager et par kilomètre. Un voyageur Paris-New York-Paris émet deux tonnes de CO2 – le quota (théorique) annuel qu’il faudrait attribuer à chaque enfant né aujourd’hui, durant sa vie, pour maintenir la hausse de la température du globe à 2 °C !

En 2009, le secteur avait promis de réduire de moitié ses émissions de CO2 par rapport à 2005 d’ici au milieu du siècle ; elles ont doublé en trente ans. Au rythme où il progressait avant la pandémie, il aurait pu représenter 9 % du CO2 émis par l’homme en 2050.

Il vous reste 55.71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page