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Essai Land Rover Defender D240 : boue permettez ?


« – T’es content de ton Defender ? T’as vu, ça passe partout hein ?

– Ah, je ne sais pas. Je ne fais que de la route avec. Je l’ai acheté pour son style avant tout. J’adore ! ».

Voilà le genre de dialogue qui me hérisse le poil. Déjà, il faut être un peu maso pour utiliser l’ancien Defender uniquement pour des trajets routiers. Franchement, pire, il n’y a pas vraiment. Ensuite, comme un propriétaire de sportive qui ne dépasse pas les 3 000 tr/mn ou qui vous ralentit sur une route sinueuse alors que vous êtes en camionnette, un 4×4 c’est fait pour faire… du 4×4. Et plus particulièrement un Defender. A ce propos, il ne fallait rien demander de plus à l’ancien modèle. Avec le nouveau, la donne a changé. Il est devenu une vraie voiture bien plus polyvalente. Ce qui pourrait laisser penser qu’avec ses attributs modernes qui passent par une structure monocoque, une boîte automatique et des aides électroniques en tout genre, il aurait perdu son âme et ses aptitudes en tout-terrain. Pour vérifier ce que 10 % de propriétaires français pourront faire à son volant, nous sommes allés sur le domaine de Forest Hill, dans les Yvelines, après quelques jours de pluie, aux commandes d’une version 110 D240. Équipé de pneus mixtes (50 % tout-terrain/50 % bitume) Goodyear Wrangler All Terrain Adventure avec tout de même de jolis crampons, notre bel et lourd (2 380kg à vide) anglais à la longue et large carrosserie (5,02×1,97 m) blanche impeccable va prendre de sacrés bains de boue.

Avant cela, rapports courts enclenchés, il doit se soumettre à des croisements de ponts où l’une des quatre roues décolle, chacune son tour, allègrement du sol. Malgré un empattement long (3,02 m) moins propice à ce genre d’exercice qu’une version courte, le Dif fait des merveilles. La suspension pneumatique (en série) est capable de faire varier la garde au sol de 21,8 à 29,3 cm, voire 35 cm quand l’électronique détecte que la voiture est en échec. Mais, dans cette configuration rare, l’évolution se fait à vitesse très limitée. C’est surtout les angles d’attaque (avant) de 38° et de fuite (arrière) de 40° qui évitent au 4×4 anglais de racler ses porte-à-faux à chaque obstacle. Ensuite, il est clair que l’électronique se charge de beaucoup de choses. Associées à la boîte automatique à huit vitesses et au brillant 2.0 litres diesel affichant 240 ch et 430 Nm de couple, les aides à la conduite en tout-terrain permettent à (presque) n’importe quel néophyte de s’aventurer partout. Il faut tout de même regarder où l’on pose ses roues mais là aussi, le Defender propose son aide. Les nombreuses caméras permettent au conducteur de savoir comment évolue chaque roue et même lors d’un passage de gué (jusqu’à 90 cm de profondeur) avec la possibilité de savoir ce qui se passe sous le capot avant. Du grand art.

Mais au fil de notre aventure dans cette zone dévolue au tout-terrain, la boue s’invitant à la balade, les lentilles servant la vision extérieure sont bien obstruées. Le feeling du baroudeur reprend un peu du poil de la bête et doit davantage compter sur son instinct. Bon, pas vraiment en fait car même les carreaux du beau Defender sont maculés de boue. Il n’empêche qu’il nous impressionne encore par sa motricité. Dans un véritable bourbier où il est impossible d’évoluer à pied, j’en ai fait les frais pour les besoins de la vidéo en voulant sortir de la voiture, malgré le châssis qui racle le sol et la terre qui freine l’évolution en se posant sur le pare-chocs avant, le sujet de sa Majesté continue sa progression grâce à un dosage de l’antipatinage bien calibré et le fameux Terrain Response qui permet de sélectionner différents types de réglages en fonction de la nature du terrain. Bluffant ! Malheureusement, il apparaît clair que ce nouveau Defender risque d’escalader davantage de trottoirs de quartiers chics que de pierres et son tarif élevé auquel il faut ajouter un insupportable malus de 30 000 € (!) freinera probablement les propriétaires à lui donner un bain de boue.

Verdict :

Excessivement doué en tout-terrain, ce nouveau Defender est bel et bien un Land Rover. Son confort, son agrément mais aussi son tarif le confirment.

On aime :

  • Capacités en tout-terrain impressionnantes
  • Agrément d’utilisation
  • Performances du 2.0 diesel
  • Habitabilité/coffre
  • Présentation

On aime moins :

  • Tarifs et malus
  • Poids
  • Gabarit

Land Rover Defender D240 : la technique

Moteur : avant, quatre-cylindres en ligne, turbo-diesel, 16 soupapes, FAP, 1 999 cm3, stop & start

Transmission : 4×4, réducteur, auto. 8 vitesses

Puissance (ch à tr/min) : 240 à 4 000

Couple (Nm à tr/min) : 430 à 1 400

Poids (kg) : 2 380 (à vide)

Angle d’attaque/central/fuite (°) : 38/28/40

Garde au sol (cm) : 21,8 à 29,3

Capacité de traction (kg) : 3 500 (freinée)

Vitesse maxi (km/h) : 188

0 à 100 km/h/1 000 m DA (s) : 9,1/n.c.

CO2/malus : 223-243/30 000 € (2021)

Prix (à partir de) : 60 200 €

Land Rover Defender, les rivaux

  • Jeep Wrangler Unlimited 2.2 L Multijet, 200 ch, à partir de 50 650 €
  • Toyota Land Cruiser 5 portes 2.8 Diesel BVA, 204 ch, à partir de 43 400 €

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