Economie

Les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits en grève contre le projet de reconversion

La raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, le 6 janvier 2020.

Les salariés de la raffinerie Total de Grandpuits (Seine-et-Marne) ont entamé, jeudi 10 décembre à 6 heures du matin, une grève de quarante-huit heures pour protester contre le projet de reconversion du site lancé par le groupe pétrolier, lequel prévoit notamment la suppression de 150 emplois directs.

« Aucun carburant ne sortira d’ici à samedi 6 heures. Il n’y aura pas d’expédition de camions de la plate-forme de Grandpuits ni du dépôt de Gargenville (Yvelines) », affirme Adrien Cornet, délégué CGT (majoritaire). L’appel à la grève a été voté par l’intersyndicale CGT, FO et la CFDT lors d’une assemblée générale qui s’est tenue mercredi après-midi. Jeudi, les organisations syndicales du site revendiquent plus de 70 % de grévistes chez les personnels postés. Les expéditions de carburant avaient déjà été bloquées le 13 et 29 octobre.

Lire le détail du projet : Grandpuits : Total ferme la raffinerie et promet une plate-forme « zéro pétrole »

Total a annoncé fin septembre son intention de cesser le raffinage sur son site historique dès le début de 2021 et son projet d’investir 500 millions d’euros pour le reconvertir d’ici à 2024 en « plate-forme zéro pétrole » destinée à la production d’agrocarburants. Une usine de « bioplastique », fabriqué à partir de sucre, biodégradable et recyclable, sera également implantée, ainsi qu’une usine de recyclage de plastique et deux centrales photovoltaïques. Le projet prévoit de maintenir 250 postes sur les 400 que compte aujourd’hui Grandpuits. Total a assuré qu’il n’y aurait aucun licenciement sec, mais des départs à la retraite anticipée et des mobilités internes vers d’autres sites.

« Nos mots d’ordre sont clairs : c’est zéro suppression d’emplois et un projet d’ampleur pour la transition écologique. On veut sortir des énergies fossiles, mais on ne le fera pas contre l’emploi », précise Adrien Cornet, qui s’inquiète notamment de l’impact chez les sous-traitants. « Pour un emploi chez nous, c’est 4 ou 5 en sous-traitance, estime le délégué CGT. Donc selon nous, ce sont 700 emplois en tout, chez Total et dans la sous-traitance, qui sont menacés ! » Le groupe pétrolier assure en outre que le chantier créera 1 000 emplois au niveau local au cours des trois années à venir. Mais les syndicats estiment cette annonce « pipeau » : ces emplois « ne dureront que trois ans, le temps de transformer la plate-forme ! »

« Fermer, c’est augmenter les importations »

Le 19 novembre, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, s’était rendu à Grandpuits pour une heure d’information syndicale avec les travailleurs du site. « Il faut réussir à contredire les propos de la direction de Total qui se présente comme championne de l’environnement, déclarait-il ce jour-là au Monde. C’est d’abord de la communication, d’un groupe qui continue de privilégier les actionnaires au détriment de l’emploi. Il nous faut travailler sur un projet alternatif pour le site, qui conjugue au contraire l’industriel et le social. »

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