Economie

Katherine Tai, le futur visage du commerce américain

Katherine Tai parle couramment le mandarin, a enseigné pendant deux ans l’anglais à l’université Sun Yat-sen de Guangzhou, et a été négociatrice commerciale avec la Chine entre 2007 et 2011. Elle a veillé, en 2019, à ce que des clauses sociales soient incluses dans le nouvel accord de libre-échange avec le Mexique et le Canada, à la plus grande satisfaction des démocrates et des syndicats. Et, sur l’Europe, on ne sait pas grand-chose.

Le choix, officialisé jeudi 10 décembre, de cette conseillère à la Chambre des représentants pour devenir représentante pour le commerce des Etats-Unis résume, à lui seul, les priorités de Joe Biden, après quatre années de guerres commerciales tous azimuts menées par Donald Trump. Après sa confirmation par le Sénat, cette démocrate d’origine asiatique qui n’a droit qu’à des commentaires élogieux dans la presse succédera à Robert Lighthizer.

Ce sera d’abord une poursuite de l’affrontement avec la Chine, mais en plus dur et plus cohérent. Mme Tai, diplômée en histoire de l’université de Yale et en droit à Harvard, devra s’attaquer aux dossiers non traités lors de l’armistice commercial sino-américain signé début 2020 : les transferts de technologies forcés, les subventions aux entreprises chinoises. M. Biden a d’ores et déjà indiqué qu’il comptait utiliser l’arme des droits de l’homme, à Hongkong et en riposte à la répression des Ouïghours, mais aussi celle du climat, pour contrer le dumping environnemental allégué des industriels chinois.

Un consensus aux Etats-Unis sur la Chine

La question de droits de douane massifs imposés par Donald Trump est ouverte, nul ne prédisant à Washington un retour en arrière immédiat de Joe Biden. L’affrontement avec Pékin fait l’objet d’un consensus aux Etats-Unis, et les démocrates ont largement approuvé les mesures antichinoises : ils se sont montrés plus durs que Donald Trump sur le boycott des entreprises de télécoms ZTE et Huawei, accusées d’avoir violé des embargos technologiques américains, et ont voté la menace de sortir de Wall Street les 217 entreprises chinoises cotées.

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Second axe, le travailleur américain. Joe Biden a adopté un programme « Build Back Better » (« mieux reconstruire »), qui rappelle furieusement le « Make America great again » de Donald Trump. Les syndicats américains avaient exigé que l’accord avec le Mexique comporte des clauses sociales dans l’industrie – en matière de salaire et de droit social —, censés forcer le gouvernement mexicain à augmenter le salaire minimum dans les usines automobiles à 16 dollars de l’heure. Cette stratégie sera poursuivie, le communiqué de nomination précisant que Mme Tai « poursuivra la vision du président élu d’une stratégie commerciale en faveur du travailleur des Etats-Unis ». La bataille de la mise en œuvre de cet accord ne fait que commencer : déjà, les Etats-Unis accusent le Canada de ne pas respecter ses engagements d’ouverture aux produits laitiers des Etats-Unis.

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