Economie

« Le système de traçage a un rôle important à jouer dans la gestion de la pandémie »

Chronique. Si des erreurs d’exécution sont inévitables dans la lutte contre la pandémie, certaines erreurs semblent plus absurdes que d’autres. Ce paraît être le cas de la perte de 15 841 cas de Covid-19 testés positifs dans une base de données officielle au Royaume-Uni, effacés entre le 25 septembre et le 2 octobre, car la base utilisait une ancienne version d’Excel qui avait une limite de 65 536 lignes par fichier. Ce qu’ignoraient les utilisateurs…

Ces cas n’ont, par conséquent, pas été notifiés au système de traçage mis en place par le gouvernement, et les contacts des personnes testées positives n’ont pas été alertés et n’ont donc pas pu s’isoler pour protéger les autres.

Chaque cas qui n’a pas été notifié aux autorités aurait donné lieu à environ 25 cas positifs supplémentaires dans les six semaines suivantes.

Les erreurs ne sont pas toujours inutiles pour la recherche scientifique. Dans le domaine de l’efficacité des systèmes de traçage, le débat est rendu difficile par le fait que les caractéristiques des pays, où l’effort de traçage est plus systématique, sont souvent différentes de celles des pays où cet effort est moindre. Si Taïwan, la Corée du Sud et la Nouvelle-Zélande ont réussi mieux que nous à maîtriser la pandémie, est-ce bien grâce à leurs systèmes de traçage soigneux, ou grâce à de nombreux autres facteurs logistiques et comportementaux qui ont pu jouer en leur faveur ?

Deux chercheurs de l’université de Warwick (Royaume-Uni) et de la Harvard Business School (Etats-Unis) ont vu dans le fiasco de la base Excel britannique une occasionde mesurer l’utilité du traçage. Si dans certaines régions le traçage a été bloqué par une simple erreur technique, qui n’a pas influencé les autres conditions de la mise en œuvre, peut-on voir dans les régions concernées une expansion plus rapide de la pandémie ?

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Leur analyse (« Does Contact Tracing Work ? Quasi-Experimental Evidence from an Excel Error in England », Thiemo Fetzer et Thomas Graeber, CEPR Discussion Paper, n° 15494, novembre 2020), publiée le 25 novembre dans un « document de travail » (c’est-à-dire qu’elle n’a pas encore été validée par le comité de lecture d’une revue scientifique), apporte une passionnante ébauche de réponse.

Les auteurs ont d’abord essayé d’identifier les localités affectées par les cas perdus – cette information n’étant pas disponible publiquement, ils se sont appuyés sur le fait que les cas perdus ont été rajoutés tardivement à la base à partir du 3 octobre. On voit donc dans certaines localités une baisse plus grande qu’ailleurs dans la tendance de cas notifiés, suivie d’un rattrapage par la suite. C’est l’indice d’une présence plus importante de cas perdus pour lesquels le traçage n’a pas été effectué.

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