Economie

La réouverture des restaurants de Rungis suscite l’agacement de confrères

Les établissements de Rungis (ici, dans un des cafés du marché, en 2014) ont convaincu les autorités de les considérer comme des restaurants d’entreprise.

L’ambiance est en général plutôt calme le lundi matin au marché d’intérêt national de Rungis (MIN). Les parkings sont presque vides, tout comme les salles des restaurants. Pour voir ces dernières se remplir, il faut revenir la nuit, quand le plus grand marché d’Europe connaît son pic d’activité. Alors que plus de 200 000 établissements devront au moins attendre le 15 janvier pour espérer de nouveau accueillir des clients, ceux du MIN ont obtenu une dérogation pour ouvrir début novembre.

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L’astuce ? La Semmaris, l’entreprise gestionnaire du marché de Rungis, a convaincu le comité interministériel de crise de considérer ces établissements comme des restaurants d’entreprise et obtenu une dérogation du ministère de l’agriculture. Mais seuls les 12 000 salariés, les 6 000 chauffeurs de poids lourd en transit et les 25 000 clients munis d’une carte d’acheteur peuvent s’y attabler.

Un parallèle avec le Puy du Fou

« Ces gens-là n’ont pas d’autre endroit pour se restaurer, ce sont leurs cantines, défend Carole Ly, conseillère économie agricole et agroalimentaire au ministère de l’agriculture. Ils travaillent de nuit et dans le froid, c’est un minimum qu’ils puissent avoir un repas chaud en intérieur. » Pour les professionnels, le second confinement est donc plus supportable que le premier, où seule la vente à emporter avait été autorisée. « C’était beaucoup plus strict lors du premier confinement, les dérogations étaient impossibles », concède Dominique Batani, directeur du marché de Rungis.

« Il s’agit de démontrer que la république des copains fonctionne à plein tube. » Xavier Denamur, restaurateur

Si cette nouvelle est une aubaine pour les restaurateurs du marché, elle fâche certains de leurs confrères. « Il y a une rupture d’égalité », s’offusque Xavier Denamur, propriétaire de cinq restaurants à Paris, dans l’une de ses nombreuses vidéos qu’il partage sur son mur Facebook. Tout en précisant que « ce n’est pas une question de jalousie », il dénonce de possibles « passe-droits » dont pourrait bénéficier la Semmaris.

De là à imaginer un parallèle entre le marché de Rungis et le Puy du Fou, qui avait obtenu une dérogation à l’été dernier pour accueillir plus de visiteurs dans son parc ? Xavier Denamur a peu de doutes : « Il s’agit de démontrer que la république des copains fonctionne à plein tube. M. Layani [président de la Semmaris] a été un fonctionnaire de l’ENA. Il reçoit tous les présidents et ministres qui viennent se faire mousser à Rungis. »

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