Economie

A Toulouse, les salariés de Spherea Test & Services se mobilisent contre un PSE « injuste »

C’est dans la précipitation qu’une mobilisation des salariés toulousains de Spherea Test & Services s’est décidée. Dans la grisaille de ce premier lundi de décembre, une centaine de personnes, capuches sur la tête et masque sur le nez, entament leur première matinée de grève. Dès 9 heures du matin, sans banderole ni slogan, une partie du personnel toulousain de ce fabricant de bancs de tests pour l’aéronautique civile installé dans le quartier Basso Cambo s’est mobilisée pour exprimer ses inquiétudes.

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Touchée de plein fouet par la crise économique que rencontre le secteur aérien, en lien avec la pandémie, cette entreprise, filiale d’Airbus jusqu’en 2014, prévoit l’année prochaine une baisse son activité de 50 %. Pour anticiper cette chute attendue, la direction a annoncé en septembre la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Après plusieurs semaines de négociations, la signature de ce projet est prévue dans une semaine, mardi 15 décembre.

« C’est mal barré », prévient Mélanie Louvieaux, secrétaire CFE-CGC du comité social économique (CSE). Deux mesures de ce plan de restructuration sont dans le viseur de l’intersyndicale FO-CFTC-CFE-CGC : la suppression d’un quart de l’effectif total de l’entreprise, qui emploie 384 personnes en France, et la fermeture définitive du site d’Elancourt, dans les Yvelines, spécialisé dans les tests de systèmes électroniques pour le secteur de la défense.

« Activité militaire en péril »

« La stratégie de ce PSE est difficilement compréhensible, tonne Eric Sabathier, délégué syndical CFTC, car cette décision met en péril les activités militaires, qui sont stabilisées sur les cinq années à venir. » Les ingénieurs et techniciens franciliens seront alors transférés vers le site de Toulouse, dont l’activité est tournée essentiellement vers l’aéronautique civile. Avec 250 emplois, Toulouse compte comme clients Airbus, des sous-traitants aéronautiques et des compagnies aériennes.

« Ce projet de PSE est injuste et dangereux, regrette Florent Boudet, ingénieur et élu CFTC. Le site d’Elancourt est le moins impacté par la crise et contribue le plus au résultat de l’entreprise en 2020. Et ce plan menace la pérennité même de la société. Car les activités militaires vont être directement impactées par la perte de compétences et de réseaux provoquée par les nombreux salariés qui quitteront la société en refusant le transfert. »

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Les représentants du personnel reprochent également à la direction de « financer le PSE avec un emprunt de 16 millions d’euros », obtenu au titre d’un prêt garanti par l’Etat. « On est un peu atterré que l’argent de l’Etat serve à payer un PSE », s’indigne Mélanie Louvieaux, qui enjoint à la direction de « revenir à la table des négociations », de maintenir ouvert le site d’Elancourt et de pas recourir aux licenciements contraints, tout en s’appuyant notamment sur le dispositif de l’activité partielle de longue durée. Spherea Tests & Services, qui n’a pas souhaité répondre au Monde, est une filiale de Spherea. En 2018, le groupe pesait 130 millions d’euros de chiffre d’affaires


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