Economie

Le licenciement polémique de Timnit Gebru, qui travaillait chez Google sur les questions d’éthique liées à l’IA

Timnit Gebru, qui travaille sur les questions d’éthique liées à l’intelligence artificielle (IA), a révélé, mercredi sur Twitter, que sa hiérarchie avait accepté sa démission. Or, l’intéressée affirme ne jamais l’avoir soumise.

Quatre jours après le licenciement par Google d’une chercheuse noire, dans des conditions encore floues, les demandes d’explication se font de plus en plus pressantes. Dans une lettre ouverte, près de 1 400 employés de la multinationale, ainsi que plus de 1 900 universitaires et autres membres de la société civile – selon le décompte établi samedi 5 décembre par l’Agence France-Presse (AFP) – exigent ainsi des précisions sur les motifs de ce renvoi.

Timnit Gebru, qui travaille sur les questions d’éthique liées à l’intelligence artificielle (IA), a révélé, mercredi sur Twitter, que sa hiérarchie avait accepté sa démission. Or, l’intéressée affirme ne jamais l’avoir soumise.

En outre, ce licenciement est intervenu après que la chercheuse s’est plainte, auprès d’un groupe interne, du fait que l’entreprise « réduise au silence les voix marginalisées ». Selon elle, Google lui a reproché certains « aspects » du message envoyé à ce groupe, qui seraient « en contradiction avec ce qu’on attend d’un manageur ».

Lire le reportage : « Un combat pour notre monde », chez Google, la contestation interne s’étend

Accusations de surveillance des employés militants

Selon la radio publique américaine NPR, Timnit Gebru avait également confié à ce groupe avoir reçu l’ordre de rétracter un article scientifique sur l’éventuelle utilisation d’une IA pour imiter des propos haineux ou biaisés.

Justifiant la demande de rétractation dans un e-mail rendu public, le chef du département intelligence artificielle au sein de la firme californienne, Jeff Dean, a fait valoir que l’article n’avait pas atteint les niveaux d’exigence en vue d’une publication. Le texte « présentait des lacunes importantes qui nous empêchaient d’être à l’aise avec l’idée d’y associer le nom de Google », détaillait-il.

En plus d’explications concernant cet article, les plus de 3 300 signataires de la pétition, mise en ligne jeudi, demandent un engagement « sans équivoque » de l’entreprise technologique à respecter l’intégrité scientifique et la liberté académique.

Militante en faveur de plus de diversité, Timnit Gebru a cofondé le groupe Black in AI, dont l’objectif est d’accroître la présence de personnes noires dans le domaine de l’intelligence artificielle. Américaine d’origine éthiopienne, elle a notamment étudié la propension des technologies de reconnaissance faciale à faire des erreurs d’identification de personnes de couleur.

Son licenciement intervient alors que Google a été sommé, mercredi, par une agence fédérale américaine de répondre à des accusations de surveillance à l’encontre de ses employés militants.

Le Monde avec AFP




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