Economie

L’ancien ministre des finances Jean Arthuis va présider la commission en charge de la « dette Covid »

L’ère du « quoi qu’il en coûte » a du plomb dans l’aile. Comme annoncé la semaine dernière, le gouvernement a mandaté une « commission sur l’avenir des finances publiques » afin de plancher sur la réduction de la « dette Covid », générée par la crise sanitaire et économique, et le retour à la normale de la trajectoire budgétaire. Elle doit être officiellement installée vendredi 4 décembre par le premier ministre, Jean Castex.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Bercy veut remettre la « dette Covid » au cœur des débats

« Au sortir de la crise historique que nous traversons, l’impact sur les comptes de la nation sera lourd et durable. Il nous faut réinventer la manière d’organiser et de piloter nos finances publiques », explique-t-on à Matignon. Alors que la facture de la crise liée au Covid-19 s’élève déjà à 186 milliards d’euros (86 milliards de dépenses publiques et 100 milliards de pertes de recettes fiscales et sociales), la dette publique devrait atteindre 119,8 % du PIB cette année.

Savamment égrenée depuis dix jours, la composition de la commission a donné lieu à quelques revirements. Un temps pressentie pour en prendre la tête, l’ancienne patronne du Medef Laurence Parisot en fera bien partie, mais ce sera le centriste Jean Arthuis, ancien ministre des finances de Jacques Chirac, député européen et soutien d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle de 2017, qui la présidera.

« On voit bien dans quel sens ils veulent aller »

Les dix membres choisis à parité mêlent personnalités politiques (l’ex-ministre de la santé de François Hollande, Marisol Touraine), dirigeants du privé (Augustin de Romanet, le patron d’ADP) et hauts fonctionnaires comme Raoul Briet, ancien président de la première chambre de la Cour des comptes et directeur de la Sécurité sociale au moment de la création de la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), et le directeur de l’Insee, Jean-Luc Tavernier.

Mais aussi quatre économistes : les Françaises Hélène Rey, professeure à la London Business School, et Natacha Valla, passée par la banque américaine Goldman Sachs et la Banque centrale européenne. L’Italo-Suisse Beatrice Weder di Mauro, ancienne membre du conseil allemand des experts économiques auprès de Gerhard Schröder et Angela Merkel, et l’Autrichien Thomas Wieser, qui présida les réunions préparatoires de l’Eurogroupe après la crise des dettes souveraines, complètent le panel.

Un casting en forme de gage de sérieux pour ceux qui, dans l’opposition de droite comme à Bruxelles, s’inquiéteraient des répercussions du « quoi qu’il en coûte » sur les finances tricolores. « Avec des économistes allemands et autrichiens et des membres du secteur privé, on voit bien dans quel sens ils veulent aller », déplore la députée (ex-La République en marche, Meuse) Emilie Cariou.

Il vous reste 44.33% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page