Economie

Les élus locaux sonnent l’alarme sur l’état des finances des communes

« Il existe un très grand risque que nous ne puissions pas participer à hauteur de ce que nécessite le plan de relance », a souligné  André Laignel, vice-président délégué de l’Association des maires de France (ici au Congrès  des maires de France, en  2017, à Paris.

Les élus communaux et intercommunaux du mois de juin abordent leur mandat dans un climat d’incertitude causé par la crise du Covid. Le précédent mandat (2014-2020), marqué par une série de réformes territoriales et par la baisse des dotations de l’Etat pour un montant cumulé de 20,6 milliards d’euros, avait déjà été « considérablement perturbé », selon André Laignel, vice-président délégué de l’Association des maires de France (AMF). Il en était résulté un effondrement des dépenses d’équipement du bloc communal en 2014 et 2015, avant qu’elles ne commencent à se redresser en 2017. Néanmoins, selon l’étude publiée mardi 1er décembre par l’AMF, la Banque des territoires et La Banque postale, le montant des investissements réalisés entre 2014 et 2019 (153,8 milliards d’euros) a reculé de 15,9 milliards par rapport au sextennat précédent (169,7 milliards d’euros entre 2008 et 2013).

8 milliards d’euros de pertes estimées

Les pertes de recettes communales et intercommunales liées à la crise sanitaire et économique font craindre une nouvelle rechute des investissements au moment où le gouvernement engage un plan de relance massif. « La relance de notre pays passera par deux choses : les entreprises et la capacité des collectivités territoriales à investir dans des projets de territoire », souligne la directrice du réseau Banque des territoires, Gisèle Rossat-Mignod, rappelant que 70 % de l’investissement public passe par les collectivités.

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C’est là que le bât blesse. Les communes et les intercommunalités vont essuyer en 2020, 2021 et 2022, compte tenu des versements différés de certaines recettes fiscales, de lourdes pertes, que l’AMF évalue à 8 milliards d’euros.

Les mesures prises par le gouvernement, chiffrées à 2,2 milliards d’euros par le président de la délégation aux collectivités territoriales de l’Assemblée nationale, Jean-René Cazeneuve, ne suffiront pas à les compenser. Elles vont devoir puiser dans leurs réserves. Même si elles avaient abordé la crise « en bonne santé financière », comme l’avait souligné la Cour des comptes, début juillet, dans son rapport sur les finances locales, avec une épargne brute de 39 milliards d’euros en 2019, en hausse de 8,8 % par rapport à 2018, cela va peser sur leurs capacités d’autofinancement. La Cour des comptes estime que l’autofinancement de ces collectivités pourrait baisser de 20 % en 2021.

« L’Etat a oublié le principal levier de la relance que nous pouvons être », André Laignel, vice-président délégué de l’AMF

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