Economie

La « dette Covid » relance le débat sur la taxation des plus riches

Le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire quitte l’Elysée après son rendez-vous hebdomadaire, le 18 novembre.

C’est un sujet majeur de l’« ancien monde », qui s’invite dans celui d’après. Que faire de la vertigineuse « dette Covid-19 » ? En faisant du « quoiqu’il en coûte » une réponse absolue à la crise sanitaire, Emmanuel Macron s’est posé en protecteur des entreprises et de l’emploi des Français. L’ex-ministre de l’économie de François Hollande, qui n’a jamais été un partisan de l’orthodoxie budgétaire, assume avoir fait dévier les finances publiques.

Le seuil des 100 % de dette publique, autrefois chiffon rouge du gouvernement, a été pulvérisé pour s’approcher des 120 %. « Nous avons sauvé notre économie et le pouvoir d’achat des Français. [Agir autrement] aurait été une folie économique et politique », défend l’actuel ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a promis mardi 17 novembre de poursuivre les dépenses en 2021 « autant que nécessaire ».

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Hier présentée comme un insupportable fardeau laissé aux générations futures, la dette publique aurait-elle soudainement disparu des écrans radars ? La politique accommodante de la Banque centrale européenne (BCE) qui rachète les titres d’emprunts des pays membres de l’union monétaire, l’absence d’inflation et la faiblesse des taux d’intérêt permettent aux Etats de s’endetter à moindre coût et sans craindre d’éventuelles attaques des marchés financiers.

« En réalité, la dette Covid n’existe pas !, assure Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis. Toute la dette a été rachetée par la Banque de France à la demande de la BCE. L’Etat s’est prêté à lui-même ! » Mais ce tour de passe-passe, qui donne aux gouvernements toute latitude pour gérer la crise, pourrait ne pas durer.

Poursuivre les réformes

Cette dette, « nous allons la rembourser », promet Bruno Le Maire. Pour attester le sérieux du gouvernement, le ministre délégué aux comptes publics, Olivier Dussopt a annoncé la création d’un groupe de travail, « afin de réfléchir aux modalités de financement et de cantonnement de la dette ».

L’exécutif, qui se targue d’avoir appris des erreurs de la précédente crise financière, exclut toute hausse d’impôts et imagine faire baisser le ratio d’endettement de l’Etat grâce à la croissance à venir – bien qu’elle soit déjà annoncée moindre qu’espérée en 2021 avec une hausse de 6 % du produit intérieur brut (PIB) contre + 8 % auparavant – ; en se montrant « responsable » envers la dépense publique ; et en poursuivant les réformes structurelles, comme celle des retraites. Quand ? « Dans un délai qui dépendra de la reprise et de l’évolution de la situation sanitaire », répond M. Le Maire. Dit autrement, plus tard.

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