Economie

En rentrant dans de prestigieuses bibliothèques, le logiciel libre gagne ses lettres de noblesse

Github a confié à un artiste la réalisation d'un coffret pour abriter les microfilms sur lesquelles sont stockés des millions de lignes de code.

Véritables temples du savoir, les bibliothèques d’Alexandrie (Egypte), d’Oxford (Royaume-Uni) et de Stanford (Etats-Unis) abritent parmi les écrits les plus précieux de l’humanité, jusqu’aux plus anciens. Mais c’est un véritable bond dans la modernité qu’elles viennent de réaliser.

A l’invitation de l’entreprise américaine, GitHub, propriété de Microsoft, elles s’apprêtent à accueillir dans leurs murs une collection inédite de registres de codes informatiques ! Soit un inventaire inédit par sa taille des principaux travaux réalisés par le monde du logiciel libre. Ces millions de lignes de langage informatique sont aujourd’hui utilisées par les développeurs à travers le monde pour élaborer leurs programmes.

Résister mille ans

Le projet s’inscrit dans le cadre du programme d’archivage initié par la société de San Francisco qui avait déjà donné lieu à une initiative originale en début d’année : une première base de données a été déposée dans un entrepôt construit dans l’archipel norvégien de Svalbard, à 100 mètres de profondeur sous les glaces arctiques. Un lieu construit pour résister mille ans à toutes les épreuves.

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Par son partenariat avec ces trois prestigieuses bibliothèques, GitHub, qui se définit comme la maison du logiciel libre, poursuit toujours la même quête : s’assurer que la connaissance amassée ces dernières années par la communauté des développeurs ne se perde pas un jour. Or, estime Thomas Dohmke, vice-président de la compagnie californienne, « il existe une longue et triste histoire de technologies oubliées ». « Ces archives aideront à faire en sorte que la technologie d’aujourd’hui ne disparaisse pas dans un avenir qui la considérerait comme non pertinente. »

Thomas Dohmke est persuadé que les « générations futures auront beaucoup à apprendre » de cette trace

L’idée est également de lutter contre la fragilité des supports − notamment numériques − sur lesquels sont entreposées une part grandissante de nos connaissances. Pour surmonter cet obstacle, GitHub a décidé d’imprimer toutes ces lignes de code sur des microfilms particulièrement résistants à l’usure du temps. Et en démultipliant les sites d’archivage, elle estime que ce patrimoine aura de plus grandes chances à traverser le temps.

Plus fondamentalement, Thomas Dohmke est persuadé que les « générations futures auront beaucoup à apprendre » de cette trace qui leur aura été laissée : combien « le logiciel libre était la pierre angulaire d’Internet et faisait partie intégrante de notre vie quotidienne », mais aussi « comment une communauté interconnectée de bénévoles du monde entier » a réussi à élaborer une technologie.

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Pour valoriser plus encore ce trésor de savoir, GitHub a confié à l’artiste américain Alex Maki-Jokela la conception d’un coffret pour l’y entreposer. Sur ses parois, des lignes de code colorées dessinent des formes humaines. Des pièces dignes de trôner dans un musée selon M. Dohmke. Alors ? après la bibliothèque, le logiciel libre entrera-t-il au musée ?


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