Economie

La reprise du commerce mondial entraîne une pénurie de bateaux et de conteneurs

Le patron de l’armateur CMA CGM, Rodolphe Saadé, au Havre (Seine-Maritime), le 6 septembre 2018.

La pandémie de Covid-19 ne faiblit pas et grève la croissance économique. Le fret maritime devrait ainsi subir une baisse de 4,1 % des volumes en 2020, selon une estimation de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), publiée jeudi 12 novembre. Pour les seuls échanges par porte-conteneurs, la chute devrait dépasser les 6 % sur l’ensemble de l’année.

Rien de comparable, cependant, avec l’annus horribilis de 2009, après la crise financière, lorsque CMA CGM avait failli sombrer. « Après un début d’année [2020] difficile, le redressement des volumes a débuté au deuxième trimestre, et la croissance sera soutenue aux troisième et quatrième trimestres, se félicite son PDG, Rodolphe Saadé, dans un entretien au Monde. « C’est très impressionnant sur les liaisons transpacifiques, où les volumes ont d’ores et déjà permis de rattraper la baisse du début de l’année, avec une croissance globale de 1,7 % de janvier à septembre. » En revanche, la hausse de ceux transportés en septembre et octobre sur la route Asie-Europe n’a pas encore permis de compenser le recul constaté à l’orée de 2020.

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Le patron du quatrième armateur mondial y voit d’abord l’effet du plan de relance massif de Washington à son économie. « Les Américains consomment beaucoup et achètent l’essentiel de leurs produits en Asie. La Chine reste l’usine du monde, mais on observe une croissance plus forte sur les pays d’Asie du Sud-Est, comme le Vietnam ou la Thaïlande, explique-t-il. Les tensions sino-américaines ont des répercussions sur nos chargements : certains clients, y compris chinois, délocalisent des productions vers ces pays. »

La pandémie a aussi modifié la consommation – « moins de services et davantage de produits achetés sur Internet, pour la maison ou le jardin », un e-commerce qui porte le transport par conteneurs. Sans oublier le « rattrapage » qui a suivi le premier confinement. Cette demande, qui a « surpris la profession », explique que la flotte mondiale soit désormais totalement utilisée. « Il y a pénurie de bateaux, mais aussi de conteneurs, constate Rodolphe Saadé. Aujourd’hui, tout ce qui est disponible est sur les mers. »

« Le commerce est plus difficile qu’il y a dix ans »

Cela permet aux armateurs de relever leurs taux de fret (tarifs), qui ont fortement crû depuis juillet, d’après le cabinet britannique Drewry. Avec cependant une distinction entre les taux sur les routes transpacifiques, qui se sont envolés entre janvier et septembre, et la route sino-européenne, où le taux de fret est resté stable sur neuf mois.

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