Economie

La restauration collective paye cher la généralisation du télétravail

Les plans de suppressions d’emplois se succèdent, mais certains semblent émouvoir plus que d’autres. Loin du fracas provoqué par la fermeture de l’usine Bridgestone, qui compte 863 salariés à Béthune (Nord), la décision des géants de la restauration collective de supprimer près de 4 000 postes en France n’a déclenché aucune émotion publique : 1 888 postes pourraient pourtant disparaître chez Elior, au moins 2 083 chez Sodexo.

« C’est historique, cela ne s’est jamais produit chez nous », souligne Gilles Garnes, coordinateur FO chez Elior. « Alors que nos politiques sont au chevet de l’aéronautique, nos métiers de services passent toujours au second plan », s’indigne Eric Villecroze, délégué syndical central FO chez Sodexo. « L’absence de réaction des politiques nous met très en colère, renchérit Fabienne Dos Santos, coordinatrice CGT chez Sodexo. On est les invisibles, on ne nous voit qu’une heure par jour au déjeuner. Mais, du plongeur au cadre dirigeant, tout le monde est touché. Il va y avoir énormément de casse dans notre secteur. Nous sommes les premiers, mais ce n’est pas fini. »

Selon nos informations, la négociation d’une rupture conventionnelle collective impliquant la suppression de plus d’un millier de postes serait en cours chez Compass, autre multinationale du secteur. Et d’autres plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) se préparent chez de plus petits acteurs, comme MRS, qui pourrait réduire ses effectifs d’un tiers en Ile-de-France. Plus de 20 % des 27 000 salariés de la restauration collective d’entreprises seraient ainsi menacés, selon les estimations des syndicats.

« A 10 % du trafic habituel »

« C’est un drame, alors que nos entreprises jouent un rôle social essentiel en permettant la montée en compétence de salariés sans qualification », soupire Esther Kalonji, déléguée générale du Syndicat national de la restauration collective. Si les hôpitaux, les établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et même les établissements scolaires, depuis la rentrée de septembre, ont quasi maintenu leurs services de restauration, les stades et les salles de spectacle ont baissé le rideau. « Environ 60 % de nos sites dans les entreprises sont ouverts en ce moment. Le problème, c’est surtout la fréquentation : à certains endroits, on est à 10 % du trafic habituel », souligne Sylvia Metayer, directrice de la stratégie de croissance chez Sodexo.

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