Economie

Ikea, H&M, Zara, Leclerc… Les enseignes saisissent l’occasion

Ikea vient d’ouvrir un magasin de ses meubles d’occasion en Suède.

Cette année, Ikea a pris le « black friday » à contre-pied. Prévue à partir du 24 novembre dans les pays non confinés, la campagne, baptisée « Buy Back Friday », consiste, pour le géant de l’ameublement, à reprendre étagères Billy, armoires Pax et autres produits usagés Ikea jusqu’à 50 % de leur prix. Dans la même veine, l’enseigne ouvre ce mois-ci une boutique de ses meubles d’occasion en Suède.

La seconde main n’est ni une révolution ni le fruit d’une soudaine prise de conscience écologique chez le vendeur de mobilier en kit. Depuis 2009, Ikea est en partenariat avec Blocket, le Leboncoin suédois : toute annonce concernant un produit Ikea postée sur ce site de vente d’occasion apparaît aussi sur celui d’Ikea. En France, depuis 2014, l’offre « donner une seconde vie à vos meubles » permet de revendre son mobilier à Ikea après estimation de sa valeur en ligne. En Australie, ce service, lancé il y a un an, a permis de racheter 10 000 objets en un an.

Une tendance déjà en marche

Si l’offre n’est pas nouvelle, son périmètre devient global et sa communication massive. Et Ikea ne fait que confirmer une tendance déjà en marche, y compris chez les géants de la distribution. Leclerc, qui a lancé son magasin d’occasion en 2018, a été suivi de près par Carrefour puis Auchan. Dans le textile, face au succès de Vinted, la plateforme d’achat de vêtements entre particuliers, Cyrillus, Petit Bateau ou encore Etam ont lancé des services similaires.

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Avec ses boîtes de collecte en magasin, H&M annonce avoir récolté l’équivalent de 145 millions de tee-shirts en 2019. Cette tendance à la seconde main a tout d’une révolution chez ces enseignes aux modèles fondés sur des rythmes effrénés de nouveautés à bas prix. « Ce sont elles qui ont inventé le marché du jetable. Du meuble qui prend de la valeur en vieillissant, on est passé au meuble que l’on jette à chaque déménagement », estime Florence Benoît-Moreau, maître de conférences à l’université Paris-Dauphine. Dans une publicité de 2002, la vieille lampe rouge Ikea se retrouvait dans une poubelle, en 2020, elle se rachète. Le virage ressemble à un demi-tour.

Un marché en forte croissance

L’argument de cette nouvelle économie circulaire est avant tout écologique. « Nous voulons permettre à 7 milliards d’individus de vivre en respectant les limites qu’impose notre planète », souligne Pia Heidenmark Cook, responsable développement durable d’Ingka Group, la maison mère d’Ikea. Dans un contexte de raréfaction des ressources, l’entreprise, qui consomme 1 % des réserves mondiales chaque année, voit en ce marché de l’occasion l’une des étapes de la réduction de son empreinte écologique. Dans la même lignée, H&M déclare « utiliser consciemment les ressources de la planète et devenir une entreprise circulaire et à impact positif sur le climat ».

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