Economie

A Gardanne, Alteo devrait être fixée sur son sort mardi

L’usine Alteo, à Gardanne (Bouches-du-Rhône), le 4 septembre.

Cent-vingt-six ans après ses débuts, la vieille usine rouge d’aluminium de Gardanne (Bouches-du-Rhône) s’apprête à changer de mains, une nouvelle fois. Le tribunal de commerce de Marseille doit choisir, mardi 17 novembre, entre deux solutions pour sauver Alteo, berceau historique de l’extraction de l’alumine à partir du minerai de bauxite, devenu aujourd’hui premier producteur mondial d’alumines de spécialité.

Après avoir déposé son bilan en décembre 2019, en raison d’une « crise épisodique du marché mondial », et une baisse de son carnet de commandes, huit candidats sérieux étaient, en juillet, sur les rangs pour reprendre Alteo. Majors mondiaux des alumines, américains et chinois, investisseurs financiers français ou étrangers s’étaient montrés intéressés par cette usine, qui a su occuper le créneau des alumines de spécialité haut de gamme, destinées à des secteurs aussi divers que les écrans de smartphone, la médecine – prothèses – ou les prometteuses batteries lithium-ion. Alteo distribue ses produits auprès de 630 clients dans 55 pays.

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Quelques mois plus tard, ils ne sont finalement que deux candidats à la barre du tribunal. Les autres ont jeté l’éponge, en raison de la position de l’ancien propriétaire, Rio Tinto, qui avait cédé l’usine de Gardanne en 2012 au fonds d’investissement américain H.I.G. Capital, son actuel propriétaire. Le groupe minier, qui s’était jusqu’alors engagé via une « garantie environnementale » à assumer les frais de colossaux travaux de dépollution des sols et de remise en état des lieux, a annoncé qu’il ne transmettrait pas cette garantie à un repreneur proposant le démantèlement de l’activité. Or six des huit offres de reprise envisageaient l’abandon de l’activité « amont » consistant au traitement de la bauxite, et générateur des fameuses « boues rouges », pour ne conserver que « l’aval » à savoir la fabrication des alumines de spécialité.

Conserver les activités « amont » et « aval »

Pour contourner cet obstacle, l’un des huit candidats, le groupe guinéen United Mining Supply International (UMSI), leader en Afrique de l’Ouest de la logistique minière, s’est rapproché d’H.I.G. Capital pour soumettre aux juges un plan de continuation. Il dispute la partie judiciaire avec l’offre de reprise d’Alteo émanant d’anciens dirigeants de l’usine de Gardanne, associés à des financiers qui ont pour ambition de conserver la totalité de l’activité « amont » et « aval ». Mais, aux yeux des administrateurs judiciaires, cette offre pécherait par une fragilité financière.

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