Auto-Moto

Essai, Citroën ë-Jumpy & E-Expert : la livraison du futur


Lorsqu’on habite en ville, un simple coup d’œil suffit : outre les taxis, bus et VTC qui carburent en grande partie au gazole, récents pour la plupart, un nombre incalculable de petites ou grosses fourgonnettes blanches, équipées de bons vieux diesels, sillonnent nos rues et boulevards à vive allure. Et s’arrêtent tous les 300 mètres pour déposer un paquet, plus ou moins volumineux. La plupart du temps stationné à la va-vite, en double file et moteur tournant, ce brave utilitaire hors d’âge roule toute la journée dans nos cités, sans être interpellé.

Pour tenter d’améliorer notre bien-être (!) urbain, le groupe PSA équipe donc les Citroën ë-Jumpy et Peugeot e-Expert, disponibles en trois longueurs de carrosseries (4,61 m, 4,95 m et 5,31 m) et en fourgon, châssis-cabine ou transport de personnes, de la machine électrique de la Peugeot e-208 ou du DS 3 Crossback ; à savoir, un moteur développant 100 kW (136 ch) et 260 Nm de couple, alimenté par une batterie d’une capacité de 50 kWh ou 75 kWh, garantie 8 ans ou 160 000 km, et dotés d’une autonomie de 230 à 330 km, selon le cycle WLTP effectué avec 30 % de charge utile embarquée. Laquelle, selon le groupe français, baisse de 5 km tous les 100 kg de charge transportés. Une faiblesse relative de l’autonomie que PSA explique par le fait que 44 % des livreurs européens parcourent moins de 300 km/jour et que 83 % de ces 44 % roulent moins de 200 km/jour.

Aux dires des porte-paroles des marques Citroën et Peugeot, le développement massif du e-commerce et les futures restrictions de circulation urbaine exigent de trouver de nouvelles solutions pour livrer “propre” sur un marché européen du VUL (Véhicule Utilitaire Léger) électrique qui, selon eux, devrait représenter 5 % de parts de marché en 2021, 15 % en 2025 et 27 % en 2030. Pour ce faire, les deux utilitaires français construits à Hordain (Nord) ne font donc aucun compromis sur la charge utile, qui oscille de 1 077 à 1 150 kg, ni sur le volume, qui atteint 6,6 m3 en version XL, grâce aux batteries implantées sous le plancher de la plateforme EMP2 sur laquelle ils reposent.

À la conduite, nous avons toujours plaisir à prendre les commandes de l’un des meilleurs engins de la catégorie. Bien que haut perchée, la position de conduite s’avère très confortable pour un utilitaire et l’ergonomie bien pensée permet de rapidement trouver ses marques. Évoluant sans bruit, le Peugeot e-Expert “châssis long”, chargé à 400 kg pour ces premiers tours de roues à nos commandes, revendique un confort d’utilisation remarquable. Certes, les performances n’ont rien d’exubérant : vitesse limitée à 130 km/h pour préserver l’autonomie, accélérations souples, mais moins vives que certaines voitures électriques modernes. La faute à une masse plus conséquente de l’engin : 240 kg de plus, en moyenne, que les versions thermiques, en raison des batteries de 383 kg. Un bémol néanmoins compensé par le silence de fonctionnement, qui procure un agrément d’utilisation franchement remarquable, incitant à une conduite plus apaisée.

Destinés avant tout aux sociétés disposant d’une flotte – la Poste en aurait ainsi commandé un grand nombre – les ë-Jumpy et e-Expert 75 kWh se rechargent en 47 heures (!) sur une prise classique, 22 h 40 sur du triphasé, 11 h 20 sur une WallBox de 7,4 kW, 7 h 30 sur une WallBox 11 kW, et 45 minutes sur une borne rapide (100 kW) pour récupérer jusqu’à 80 % de la batterie. Des temps de charge qui tombent, respectivement, à 31 heures, 15 heures, 7 h 30, 5 heures et 30 mn avec le modèle équipé de la petite batterie 50 kWh. La solution la plus simple consiste donc à disposer de chargeurs privatifs sur le lieu de stockage des véhicules, un dispositif envisageable pour les entreprises.

Côté prix, les deux utilitaires s’affichent à 36 100 € (HT) en 50 kWh et 41 100 € (HT) en 75 kWh. La version Combi transport de personnes, pour l’instant proposée avec la petite batterie, démarre à 47 650 € (TTC), mais est créditée de 7 000 € de bonus. Des tarifs élevés qui, selon PSA, font grimper le TCO (Total Cost of Ownership) de 15 % supplémentaires par rapport à une version thermique. Le prix de l’écologie.

Notre verdict :

Idéaux en ville, ces deux utilitaires 100 % électrique devraient logiquement trouver leur public, compte tenu des futures restrictions de circulation urbaine. Mais leurs tarifs élevés auront un impact sur le coût de livraison des produits.

On aime

  • Silence de fonctionnement
  • Performances suffisantes
  • Charge utile conservée
  • Confort/position de conduite

On aime moins

  • Autonomie 50 kWh
  • Tarifs élevés
  • Réseau de recharge

La technique

Moteur : électrique, synchrone à aimant permanent, batterie Lithium-ion 50 kWh ou 75 kWh.

Transmission : traction, auto., 1 vitesse.

Puissance (ch à tr/min) : 136 à 0

Couple (Nm à tr/min) : 260 à 0

Autonomie (km WLTP) : de 230 à 330

Temps de recharge (0 à 80 %) sur borne 100 kW (mn) : 30 à 45

Poids (kg) : de 1 838 à 2 113

Vitesse maxi (km/h) : 130

0 à 100 km/h (s) : 10,8

CO2/bonus : 0/7 000 € (sur VP)

Prix (à partir de) : 36 100 € (HT)

Le concurrent :

  • Mercedes e-Vito, 116 ch, à partir de 45 865 € (HT)

A lire aussi sur www.auto-moto.com :


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page