Economie

la poussée des villes-forêts divise les architectes paysagistes

Vue, en 2016, de la « forêt urbaine » du quartier d’affaires d’Otemachi, à Tokyo, conçue en 2009 par le paysagiste Michel Desvigne.

Dimanche 4 octobre aux aurores, quatorze platanes quinquagénaires étaient abattus quai d’Ivry, à Paris ; huit autres l’étaient le dimanche suivant. Les alertes de la fédération France Nature Environnement n’y ont rien changé. Un nouveau quartier doit voir le jour sous les bretelles du périphérique, la piste cyclable à double sens et la voie de bus doivent être élargies. « J’ai vu le Tweet trois jours avant, j’ai aussitôt demandé un sursis à exécution », assure Christophe Najdovski, adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo, chargé de la végétalisation de l’espace public. « Le coup était déjà parti. Mais c’est typiquement le genre de choses à ne plus reproduire », admet-il.

A l’heure où la nouvelle équipe parisienne promet 170 000 plantations, cinq forêts urbaines et un plan local d’urbanisme plus protecteur du végétal, la coupe de ces grands troncs heurte les esprits. C’est que l’arbre des rues n’est plus celui contre lequel on peste parce que les feuilles bouchent les chéneaux ou rendent les trottoirs glissants, relève une exposition qui lui est consacrée à Lyon, « La ville-forêt ». Il est celui qui sauvera les villes, du moins celui sans qui celles-ci seront bientôt invivables. Les élus en réclament à tout-va, les architectes font pousser érables et ficus sur n’importe quel bout de terrasse. Au risque d’en oublier parfois l’objectif recherché.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les forêts urbaines, bon moyen d’atténuer la canicule dans les villes ?

Initialement programmée jusqu’en décembre, l’exposition sur la ville-forêt présentée dans les locaux du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) du Rhône, visible aussi en ligne, est l’aboutissement d’une réflexion menée depuis trente ans dans une ville où l’urbanisme des « trente glorieuses » a fait des ravages. L’échangeur de Perrache en lieu et place du cours de Verdun, l’équivalent du Champ-de-Mars à Paris, en est le stigmate le plus saillant, « mais c’est tout l’héritage du XIXe siècle des parcs et jardins qui a été détruit », résume Frédéric Ségur, spécialiste des arbres et du paysage de la métropole lyonnaise.

« Un arbre, c’est cinq climatiseurs »

Or, dans une ville où le climat en 2050 sera celui de Madrid aujourd’hui, où des différences de 10 °C sont déjà ressenties entre les quartiers centraux et la périphérie en plein mois d’août, les frondaisons du second Empire manquent cruellement. « Après la canicule de 2003, une étude de l’Inserm a fait le lien entre les îlots de chaleur urbains et un taux de surmortalité de 80 %. Avec ne serait-ce que 1 ° C en moins la nuit, on aurait pu empêcher 20 % de mortalité », rappelle Frédéric Ségur.

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