Economie

En France, Amazon, symbole de l’hyperpuissance des GAFA, sous un feu roulant des critiques

Ce jeudi 5 novembre après-midi, des anti-Amazon s’étaient donné rendez-vous pour manifester à Colmar, devant la préfecture du Haut-Rhin. En effet, une commission devait y rendre un avis sur le projet d’entrepôt d’Ensisheim, qui, s’il était autorisé, serait le plus grand ouvert par le leader de l’e-commerce en France. Las ! La réunion a été annulée. « Officiellement pour raison sanitaire mais probablement aussi à cause de notre pression et de la fronde des commerçants contre le reconfinement, qui commencent à se rendre compte du mal que leur causent les plates-formes d’e-commerce », sourit Pascal Lacombe, porte-parole du Chaudron des alternatives, un des collectifs mobilisés.

Le rassemblement, lui, a été maintenu, à l’appel d’une vaste alliance locale créée en mars : des associations écologistes comme Les Amis de la Terre, des groupes alsaciens des Marches pour le climat, mais aussi la fédération Commerçants de France, des élus de villages et plusieurs collectifs de « gilets jaunes »…

Au même moment, dans une tout autre ambiance, Colmar Agglomération a, elle, voté une « motion » pour demander une « fiscalisation » temporaire des grandes plates-formes d’e-commerce en ligne comme Amazon. « On pourrait leur imposer deux points de TVA supplémentaires le temps du confinement ou taxer leurs terrains fonciers afin d’abonder un fonds de solidarité pour les petits commerces qui sont obligés de fermer », explique son président, Eric Straumann.

Hasard du calendrier

Le maire (Les Républicains, LR) de Colmar, pittoresque ville abritant la « Petite Venise » d’Alsace, n’a pourtant rien d’un militant anti-Amazon. Il ne s’oppose même pas aux projets d’entrepôts à Ensisheim et à Dambach-la-Ville. Mais il a pris un arrêté autorisant les commerces « non essentiels » de sa ville à rester ouverts pendant le reconfinement. Cette décision a depuis été jugée illégale et, dimanche, le gouvernement a, « par souci d’équité », interdit aux grandes surfaces de vendre des produits « non essentiels ». Dès lundi, M. Straumann s’est fait interpeller par des commerçants et des électeurs mécontents, à propos d’Amazon et de la vente en ligne, exemptés de toute restriction. D’où l’idée de la motion, symbolique.

Le reconfinement met un coup de projecteur sur la montée en puissance des géants du numérique en général et de l’entreprise de Jeff Bezos en particulier. « Avant, quand on parlait en France des GAFA − Google, Amazon, Facebook et Apple −, on pointait souvent Google et Facebook, pour les données personnelles liées à la publicité. Amazon est désormais associé aux mêmes réactions. En France, on a sous-estimé sa puissance. On parlait de ses conditions de travail mais pas de son impact totalement structurant sur le commerce », analyse Joëlle Toledano, autrice de GAFA. Reprenons le pouvoir (Odile Jacob) et professeure émérite d’économie à l’université Paris-Dauphine.

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